Une série de tumeurs parotidiennes sur dix ans

Des auteurs taiwanais se sont penchés sur 10 ans d’expérience de prise en charge, en hôpital universitaire, des tumeurs parotidiennes, tumeurs comptant pour 70 à 80 % des tumeurs des glandes salivaires, bénignes dans près de 80 % des cas, et représentant, lorsqu’elles sont malignes, 3 % des cancers de la tête et du cou.

Ils ont passé en revue  les dossiers médicaux de 271 patients ayant subi une parotidectomie entre août 1996 et juillet 2006, et analysé les caractéristiques de ces tumeurs.

Parmi ces 271 patients, 229 (85 %) avaient une tumeur bénigne, 33 (12 %) une tumeur maligne et 9 (3 %) une maladie inflammatoire chronique.

Un peu plus de la moitié des tumeurs bénignes étaient des adénomes pléïomorphes (51 % des cas), 23 % des cystadénolymphomes papillaires (tumeur de Warthin), avec dans ce second groupe  92 % de fumeurs et 48 % d’hypertendus. Trois patients avaient eu simultanément deux tumeurs, adénome et tumeur de Warthin dans 2 cas, adénome et oncocytome pour le troisième. Le carcinome muco-épidermoïde était, dans cette étude, la plus fréquente des tumeurs malignes (n = 8 patients).

Le sex ratio H/F était de 1/1 pour les tumeurs bénignes, tandis que pour les tumeurs malignes il était de 3/1.
L’âge moyen des patients ayant eu une tumeur bénigne était de 47,1 ans (extrêmes : 13-87 ans), celui des patients dont la tumeur était maligne était de 49 ans (11-85 ans).

Dans le groupe des tumeurs bénignes, 9 sujets avaient des tumeurs bilatérales mais il n’y avait pas de localisation bilatérale dans le groupe des tumeurs malignes.

La plupart des tumeurs bénignes étaient situées au niveau du lobe superficiel, 4 fois plus souvent que dans le lobe profond.

La symptomatologie inaugurale s’était résumée le plus souvent à une masse indolore, augmentant progressivement de  volume et qui a évolué sur une durée moyenne de 24,8 mois (1 mois-20 ans) pour les tumeurs bénignes, et sur 60,8 mois en moyenne (1-40 mois) pour les tumeurs malignes. Cinq patients (15 %) avaient eu une paralysie faciale avant la parotidectomie, et il s’agissait toujours dans ces cas, de tumeurs malignes.

Trois des malades ayant eu une tumeur maligne ont eu une récidive loco-régionale, 4 ont eu des métastases, pulmonaires notamment et cérébrales.

Au bout d’un suivi moyen de 39 mois (5-120 mois), le taux global de survie à 5 ans était de 42 %. Le taux de survie spécifique lié aux tumeurs malignes était de 72 %, et seul le stade de la tumeur s’est avéré avoir une valeur pronostique significative.

Quant aux complications de la parotidectomie, c’est la survenue, le plus souvent transitoire, d’une paralysie faciale, qui est a été le plus fréquemment relevée (18 % des cas), au cours de la première semaine post-opératoire. Six mois plus tard, 9 patients (3 %) avaient une paralysie faciale permanente, la tumeur parotidienne n’étant bénigne que pour un seul d’entre eux. Un taux d’hyperidrose localisée (syndrome de Frey) post-parotidectomie de 3 %, a été observé, plus faible que les taux habituellement rapportés dans la littérature.

Cette étude, rétrospective, rappelle que l’existence d’une paralysie faciale préopératoire signe généralement la  malignité de la tumeur parotidienne, et met l’accent sur l’amélioration nécessaire de la précocité du diagnostic des tumeurs parotidiennes et sur la valeur pronostique du stade tumoral.

Dr Claudine Goldgewicht

Référence
Lin C-C et coll. Parotid tumors : a 10-years experience. Am J Otolaryngol 2008 ; 29 : 94-100.

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