Et si les boissons light faisaient grossir ?

Par crainte de prendre du poids, de plus en plus de sujets se sont, au cours des trois dernières décennies, tournés vers les boissons et les aliments édulcorés. Mais, et ce « mais » pourrait être de taille, les édulcorants des boissons au goût artificiellement sucré pourraient au long cours favoriser eux-mêmes une prise de poids. C’est ce qui ressort d’une vaste étude menée aux États-Unis.

Cette étude, qui a porté sur 3 371 sujets ayant participé à la San Antonio Heart Study et suivis pendant 7 à 8 ans, a en effet examiné la relation entre consommation de boissons contenant des édulcorants artificiels et prise de poids à long terme. Une relation dose-réponse significative a ainsi été mise en évidence entre consommation de boissons avec édulcorants et incidence du surpoids (indice de masse corporelle, IMC, atteignant ou dépassant 25), incidence de l’obésité (IMC supérieur ou égal à 30) et changements d’IMC (delta IMC) au cours du suivi.

La consommation hebdomadaire de plus de 21 boissons avec édulcorants artificiels s’est avérée, chez les 1 250 sujets ayant un poids normal à l’entrée dans l’étude, associée à un risque presque double de surpoids ou d’obésité, en comparaison de l’absence de consommation de ces boissons (odds ratio,OR = 1,93 ; IC à 95 % 1,2-3,11 ; p = 0,007) et, doublé chez 2 571 sujets dont l’IMC était initialement inférieur à 30 (OR = 2,03 ; 1,36-3,03 ; p = 0,0005).

Les changements d’IMC étaient significativement plus élevés pour les quartiles 2 à 4 de consommation de boissons avec édulcorants (consommation moins de 3 fois, de 3 à 10 fois, de 11 à 21 fois par semaine) qu’en l’absence de consommation de boissons contenant ces édulcorants (+ 1,01), avec des delta IMC, dans l’ensemble plus élevés de 47 % chez les utilisateurs de boissons avec édulcorants artificiels que chez ceux ne consommant pas ce type de boissons, et respectivement de + 1,46 (1,20-1,73 ; p = 0,003) ; + 1,50 (1,23-1,78  ; p = 0,002) et 1,78 (1,51-2,06 ; p = 0,0001) pour les quartiles 2 à 4 de consommation.

La stratification selon le sexe, l’ethnie, l’alimentation à l’entrée dans l’étude, le changement  de statut vis-à-vis de l’exercice physique, l’existence d’un diabète, retrouvait, de façon homogène, des variations d’IMC plus élevées chez les consommateurs de boissons avec édulcorant. Les différences étaient significatives pour toutes les variables sauf trois : l’accroissement de l’activité physique, l’existence d’un diabète et celle d’un IMC dépassant 30 à l’entrée dans l’étude.

Les résultats de cette étude jettent le trouble. Ils suggèrent la possibilité d’une association entre  boissons avec édulcorants et prise de poids 7 à 8 ans plus tard, susceptible d’alimenter l’épidémie d’obésité, mais sans affirmer une relation causale. À préciser par des études complémentaires.

Dr Claudine Goldgewicht

Référence
Fowler S et coll. Fueling the obesity epidemic ? Artificially sweetened beverage use and long term weight gain. Obesity 2008, Publication avancée en ligne 5 juin 2008.

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Vos réactions (1)

  • edulcorant

    Le 24 juin 2008

    Vous ne précisez pas le type d'edulcorant utilisé, mais peut-etre est-ce l'occasion de parler de l'aspartam qui semble en plus mis en cause dans d'autres pathologies plus graves ! Je souhaiterais avoir des publications sèrieuses a ce sujet.

    Claude Millerioux

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