Un delirium tremens en post-opératoire double le risque de déficit cognitif à long terme chez le sujet âgé

Le delirium tremens reste un syndrome sévère qui s’observe en cas de sevrage aigu en alcool chez un malade intempérant, le plus souvent lors d’une hospitalisation d’urgence. Son évolution à court terme peut être grave, au point de mettre en péril le pronostic viral, a fortiori si l’affection sous-jacente est sérieuse. La forme du sujet âgé semble avoir une autre connotation, dans la mesure où elle annoncerait la survenue d’un déclin cognitif… longtemps après.
C’est du moins ce que suggèrent les résultats d’une étude de cohorte prospective contrôlée dans laquelle ont été inclus 112 patients, âgés d’au moins 70 ans. Dans tous les cas, une intervention chirurgicale portant sur la hanche avait été réalisée. L’objectif initial de cette étude contrôlée était l’évaluation d’un traitement prophylactique du DT, dans les suites de l’acte opératoire. Le suivi a été en moyenne de 30 mois après la sortie de l’hôpital. Des interviews psychiatriques régulières ont permis de diagnostiquer démences et déficits cognitifs légers (DCL).

Les proportions de ces troubles cognitifs plus ou moins sévères ont été évaluées dans les deux groupes constitués en fonction de la survenue (ou non) d’un DT post-opératoire, en tenant compte, bien évidemment du profil de risque préopératoire. La mortalité et la fréquence du placement en institution spécialisée ont également été prises en compte dans l’analyse des données.

Au cours du suivi, 54, 9 % des patients victimes d’un DT sont décédés, versus 34,1 % chez les sujets témoins, soit un risque relatif (RR) de 1,60. Une démence ou un DCL ont été diagnostiqués chez 77,8 % des survivants du groupe DT, versus 40,9 % chez les témoins, soit un RR de 1,90. La moitié des patients du groupe DT a été placée en institution, versus 28,6 % dans l’autre groupe, soit un RR de 1,80.

Cette étude de cohorte prospective suggère que le risque de démence ou de DCL est quasiment doublé chez les patients victimes d’un DT, dans les suites d’une intervention portant sur la hanche. Le delirium pourrait témoigner précocement d’une démence ou d’un DCL sous-jacents, une hypothèse qui mérite confirmation, même si elle semble logique. 

Dr Philippe Tellier

Référence
Kat MG et coll. : Long-term cognitive outcome of delirium in elderly hip surgery patients. A prospective matched controlled study over two and a half years. Dement Geriatr Cogn Disord 2008; 26: 1-8.

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