La vitamine D, facteur de protection vis-à-vis du diabète de type 2 ?

Le rôle de la vitamine D ne semble pas se limiter au maintien de l’homéostasie calcique. Un nombre croissant d’études impliquent la vitamine D dans la genèse de nombreuses affections, aussi diverses que la dépression et le diabète. Ainsi certaines études ont-elles suggéré une association entre carence en vitamine D et diabète de type 1, mais aussi de type 2. Des auteurs finlandais ont cherché  à préciser cette relation entre carence vitaminique D et diabète de type 2, à partir des données de deux vastes études de cohorte.  

La Finnish Mobile Clinic Health Examination Survey, menée entre 1973 et 1976 a porté sur 19 518 hommes et femmes, âgés de 20 ans et plus, vivant dans 12 municipalités de différentes régions de Finlande, parmi lesquels 3 327, âgés de 40 à 69 ans, ont présenté un diabète de type 2 au cours du suivi. La seconde étude, Mini-Finland Health Survey, conduite entre 1978 et 1980 comptait 8 000 sujets, de 40 régions du pays, formant un échantillon représentatif de la population finlandaise des 30 ans et plus : 4 176 sujets, âgés de 40 à 74 ans, sont devenus diabétiques de type 2.  

Les données regroupées de deux études cas-témoins nichées au sein de ces cohortes, ont été analysées et les dosages de 25-hydroxy-vitamine D [25(OH)D] sériques ont été effectués sur les échantillons de sang congelés stockés à l’entrée dans l’étude.
L’analyse a ainsi porté sur 412 cas incidents de diabète de type 2 survenus au cours d’un suivi de 22 ans, appariés pour l’âge et la municipalité de résidence à 986 témoins.

Une association inverse entre taux sériques de 25(OH)D ajustés sur l’âge et incidence du diabète de type 2 a pu être mise en évidence. L’odds ratio, OR, pour la comparaison du quartile le plus haut de taux sériques de 25(OH)D ajustés sur l’âge aux quartiles les plus bas était de 0,60 (IC à 95 % 0,37-0,96 ; p pour la tendance = 0,06). Après ajustements sur les facteurs confondants potentiels, notamment l’indice de masse corporelle, l’activité physique, le tabagisme, le  niveau d’éducation, l’OR restait inchangé, de 0,60 (IC à 95 % 0,25-1,48 ; p pour la tendance = 0,38).

Les hommes avaient des taux de 25(OH)D plus élevés que les femmes, et un risque de survenue du diabète de type 2 moindre dans leur plus haut quartile de taux de vitamine D. Les OR ajustés pour la comparaison du quartile le plus élevé  aux quartiles les plus bas étaient de 0,28 (IC à 95 % 0,10-0,81 ; p pour la tendance < 0,001) chez les hommes, et de 1,14 (IC à 95 % 0,60-2,17) chez les femmes (p pour la tendance = 0,89). Ni les ajustements supplémentaires sur la cholestérolémie ou la pression artérielle, ni l’exclusion des cas survenus au cours des cinq premières années de suivi n’ont altéré notablement les résultats.

Cette étude retrouve donc une association entre concentration élevée de 25-hydroxy-vitamine D et incidence réduite du diabète de type 2, avec un risque diminué de 82 % chez les hommes dont le taux de 25(OH)D se situait dans le quartile le plus élevé par rapport aux femmes du quartile le plus bas, sans effet modificateur des facteurs analysés. Un effet confondant d’autres facteurs, notamment liés à l’alimentation et au mode vie et à leurs modifications au cours des 22 années de suivi, reste possible, avant de conclure formellement sur le rôle de la vitamine D dans la prévention du diabète de type 2.

Dr Claudine Goldgewicht

Référence
Knekt P et coll. Serum vitamin D and subsequent occurrence of type 2 diabetes. Epidemiology, Publication avancée en ligne, 20 mai 2008.

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