Accès libre des médicaments vendus sans ordonnance : une mesure présentée comme indispensable !

Paris, le mardi 1er juillet 2008 – Drôle de rhétorique que celle employée par le ministère de la Santé pour justifier l’autorisation, effective depuis ce 1er juillet, de laisser les médicaments délivrés sans ordonnance en accès libre au sein des officines. La principale raison qui justifie cette mesure n’est pas, qu’on se le dise, la nécessité d’une plus grande transparence sur les prix pratiqués dans les pharmacies. Le ministère de la Santé préfère avancer que ce dispositif répond au souhait des patients « d’être acteurs de leur santé ». Il souligne que dans cette perspective, le nouveau mode de présentation des médicaments permettra d’« améliorer l’accès des patients à une information adaptée (…) sur les médicaments qu’ils utilisent sans consultation médicale », qu’il leur offrira « un choix éclairé et accompagné de conseils individualisés » et qu’il permettra de « maintenir toutes les garanties d’accessibilité, de disponibilité et de sécurité sanitaire qu’apportent les officines de pharmacie en France ». Le fait que ce libre accès pourrait être la garantie « de prix publics concurrentiels » n’est cité qu’en dernier lieu ! Roselyne Bachelot n’en démord pas : la mesure n’est nullement un danger pour la sécurité sanitaire, elle en espère même une « reconquête de l’officine, le lieu du médicament et du conseil ». Bref, prendre seul sur un rayon un produit que l’on devait auparavant demander est l’assurance d’un conseil plus systématique.

Les médicaments ne passeront pas tout de suite devant le comptoir

Au-delà de cette présentation idéalisée d’une mesure qui est devenue par ce discours un élément presque incontournable en vue de l’amélioration de l’accès aux soins et de la sécurité sanitaire, le décret et la liste des médicaments concernés ont enfin été publiés. Le décret revient notamment sur la question de « l’agencement » : les médicaments délivrés sans ordonnance « devront être présentés dans un espace bien identifié et séparé des autres produits ». Cet espace devra être installé à proximité du comptoir, ce qui permettra de « favoriser les échanges et les conseils du pharmacien vers le patient et inversement » indique le communiqué du ministère. Le caractère non obligatoire de la mesure et la nécessité d’aménager un espace spécifique pour les médicaments sans ordonnance devraient retarder son application effective dans les officines. Le président de la Fédération des syndicats de pharmaciens de France, Philippe Gaertner, ne le cache pas : « Un grand nombre de pharmaciens vont mettre du temps à s’adapter, peut-être quelques mois » explique-t-il, interrogé par LCI.

217 médicaments pour débuter…

Ce 1er juillet a également été l’occasion de dévoiler la liste des 217 spécialités pharmaceutiques concernées : il s’agit de « 71 domaines thérapeutiques, 12 médicaments à base de plante et 19 médicaments homéopathiques » détaille l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS). Les médicaments présentant des contre-indications majeures et les produits à destination des enfants ont été exclus. Cependant, à terme, plus de 3 000 médicaments pourraient être « éligibles » selon le ministère de la Santé.

Information

On rappellera enfin que dans les espaces dédiés aux médicaments officinaux, plusieurs documents d’information devront être mis à la disposition des patients. Un dépliant intitulé « Médication Officinale, tout ce que vous devez savoir », présentera d’une façon générale « les règles d’or d’une automédication responsable » qui seront elles-mêmes reprises dans une affichette. En outre, plusieurs brochures, dédiées à chaque symptôme, expliqueront comment se « soigner avec des médicaments disponibles sans ordonnance ». Cinq fiches existent déjà : elles concernent la douleur, l’herpès labial, le reflux gastro-oesophagien, le rhume et la rhinite allergique. Enfin, certains médicaments seront l’objet d’une information plus complète encore : des cartes mémo et des fiches destinées aux pharmaciens seront distribuées. Elles concernent pour l’heure le paracétamol, l’aspirine et l’ibuprofène.

Pour découvrir la liste des médicaments concernés par spécialités, cliquez ici

A.H.

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