La chimiothérapie pour cancer du sein pendant la grossesse ne semble pas avoir de conséquences délétères pour l’enfant

La survenue d’un cancer du sein au cours de la grossesse, qui met en péril la mère et l’enfant à naître, est un évènement heureusement rare. Dans ces circonstances, il importe d’optimiser le traitement de la tumeur maligne souvent évolutive, pour augmenter les chances de survie de la mère, tout en minimisant les risques pour le fœtus, ce qui relève d’un véritable défi thérapeutique.

Une étude de cohorte monocentrique permet d’éclairer certains aspects épidémiologiques, pathologiques, cliniques et thérapeutiques du problème. Elle a porté au total sur 22 femmes qui ont été traitées, entre janvier 1996 et octobre 2006, pour un cancer du sein alors qu’elles étaient enceintes. Le traitement utilisé a été le plus proche possible de celui administré en l’absence de grossesse selon des protocoles standardisés. Dans la plupart des cas, la résection chirurgicale de la tumeur maligne a été réalisée au cours de la grossesse. Un questionnaire, par voie téléphonique ou postale a été envoyé aux familles pour s’enquérir du devenir des enfants exposés à la chimiothérapie in utero.

Pour quatre femmes, le diagnostic de la lésion mammaire avait été posé pendant le premier trimestre et la chimiothérapie débutée dès la 10ème semaine, alors que l’organogenèse était achevée. Aucune malformation congénitale n’a été constatée  chez les enfants exposés à cette chimiothérapie précoce. Chez 11 patientes, le diagnostic de cancer du sein avait été fait au cours du deuxième ou du troisième trimestre. Le traitement avait alors reposé sur l’administration de  doxorubicine, de fluouracile et/ou de   cyclophosphamide. Dans les quatre autres cas, ce sont les taxanes qui ont été prescrits. Là encore, aucune malformation congénitale n’a été constatée.

Les résultats de cette étude de cohorte prospective plaident en faveur de l’innocuité pour le fœtus de la polychimiothérapie instaurée dans le cadre d’un cancer du sein survenant au cours d’une grossesse. Ce traitement peut être débuté au cours du deuxième ou du troisième trimestre, sans conséquences sérieuses pour l’enfant à naître. Aucune malformation congénitale n’a été détectée au terme de cette chimiothérapie, même quand elle a reposé sur les taxanes.

Dr Philippe Tellier

Référence
Garcia-Manera M et coll. Pregnancy associated breast cancer. Eur J Surg Oncol., publication avancée en ligne le 10 juin 2008.

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