Cherche désespérément des facteurs alimentaires protecteurs contre la DMLA

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), cause majeure de cécité du sujet âgé, touche aux États-Unis, plus de 1,7 millions de personnes et sa fréquence continue de progresser. En l’absence de traitement disponible, l’accent est mis sur la prévention : lutte contre le tabagisme, et, de façon plus controversée, modifications diététiques et notamment des apports en antioxydants. Le rôle bénéfique des apports alimentaires ou de la supplémentation en lutéine et zéaxanthine, caroténoïdes antioxydants a été suggéré par certains travaux mais pas tous. Des études plus poussées, prenant en compte les facteurs confondants potentiels, s’imposaient donc. Des équipes américaines, dont celles d’Harvard, viennent de publier les résultats d’une étude ayant analysé la relation entre apports en lutéine/zéaxanthine en effectuant les ajustements sur le tabagisme, les apports en vitamine C et en vitamine E et l’adiposité corporelle.

Cette étude prospective a suivi jusqu’à 18 années des sujets ayant participé à deux vastes études de cohorte examinant les relations entre alimentation, mode de vie et risque de survenue de plusieurs affections majeures. Elle a concerné 71 494 femmes incluses dans la Nurses’ Health Study et 41 564 hommes inclus dans la Health Professionals Follow-up Study, âgés de 50 ans et plus, indemnes de diagnostic de DMLA à l’état basal. Les apports alimentaires en lutéine et zéaxanthine ont été évalués par questionnaire.

Au cours du suivi, 673 cas incidents de DMLA précoce, définie par la présence de drusens et d’altérations pigmentaires rétiniennes, et 442 cas de DMLA néovasculaire, avec néovaisseaux choroïdiens ou cicatrice disciforme, ont été recensés.  

L’analyse ne révèle pas d’association entre apports en lutéine et zéaxanthine et risque de DMLA précoce, et ne met pas en évidence de variation de relation selon le statut tabagique, les apports en vitamines C et E et l’indice de masse corporelle.

Elle suggère une association de sens inverse, statistiquement non significative, non linéaire, entre apports en lutéine et zéaxanthine et risque de DMLA néovasculaire, et, chez les non-fumeurs, une association inverse non linéaire.

Les résultats de cette étude qui a  pris soin de prendre en compte notamment le tabagisme, les apports en vitamines C et E, susceptibles d’effets confondants, ne semblent donc pas indiquer un impact bénéfique préventif des apports alimentaires en lutéine et zéaxanthine sur la prévention des formes précoces de DMLA, mais suggèrent un effet sur les formes néovasculaires. A confirmer.

Dr Claudine Goldgewicht

Référence
Cho E et coll. Prospective study of lutein/zeaxanthin intake and risk of age-related macular degeneration. Am J Clin Nutr 2008 ; 87 : 1837-43.

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