Dépression chez le sujet âgé : peut-être une affaire d’acides gras

La dépression est très fréquente chez les sujets âgés et des facteurs nutritionnels comme les acides gras poly-insaturés ont été proposés comme agents protecteurs de ces troubles dépressifs.

Les objectifs de cette étude étaient d’analyser la relation entre les taux plasmatiques en acides gras poly-insaturés et la sévérité de la symptomatologie dépressive dans une population française de sujets âgés. Elle a été menée sur une cohorte constituée à partir des participants bordelais de l’Etude des Trois cités (Bordeaux, Dijon et Montpellier), conduite pour examiner la relation entre pathologie vasculaire et démence chez les plus de 65 ans.

Mille trois cent quatre-vingt dix Bordelais d’une moyenne d’âge de 74,6 ans ont été inclus. La symptomatologie dépressive a été évaluée avec l’échelle de dépression du centre d’études épidémiologiques. L’utilisation des antidépresseurs a été prise en compte. Le taux de chaque acide gras poly-insaturé a été déterminé. Une analyse transversale de l’association entre les taux d’acides gras et la sévérité de la dépression a été conduite par régression multilinéaire.

En comparaison des témoins indemnes de troubles dépressifs, les déprimés étaient plus âgés et il s’agissait plus souvent de femmes veuves ou célibataires, avec de faibles revenus, recevant des antidépresseurs plus fréquemment, avec une prévalence basse d’hypercholestérolémie et des scores plus faibles au Mini Mental State Examination  (moyenne –1,1 points ; p < 0,0001). Le taux d’acide eicosapentaènoique (EPA) était moins élevé chez les déprimés que chez les contrôles (0,85 %, contre 1,01 %, p = 0,001). Aucune autre différence n’a été retrouvée pour les autres acides gras poly-insaturés. Après ajustement pour les facteurs confondants potentiels comme les caractéristiques sociodémographiques, l’EPA s’est avéré inversement associé à la sévérité de la dépression (β = -0,170, p = 0,04) chez les sujets sous antidépresseurs.

Un taux élevé d’EPA paraît donc associé avec une moindre sévérité des symptômes dépressifs, spécialement chez les sujets sous antidépresseurs.

Dr Serge Brugier

Référence
Féart C et coll. : Plasma eicosapentaenoic acid is inversely associated with severity of depressive symptomatology in the elderly: data from the Bordeaux sample of the Three City Study. American Journal of Clinical Nutrition, 2008 ; 87 : 1156-1162

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