Les PANDAS sont-ils une affection auto-immune ?

Les PANDAS (pediatric autoimmune neuropsychiatric disorders associated with streptococcal infections) désignent un sous-groupe de tics et troubles obsessionnels compulsifs, qui surviennent brusquement chez l’enfant et évoluent par poussées, après une infection à streptocoques du groupe A. Leur pathogénie auto-immune demeure hypothétique : ni les antigènes neuronaux, ni les anticorps antistreptococciques censés avoir une réactivité croisée avec eux n’ont été identifiés.

L’étude immunologique de HS Singer et coll. a essayé de déceler une variation de certains marqueurs sériques à l’occasion des poussées de PANDAS. Son intérêt provient de son élargissement à d’autres marqueurs que les auto-anticorps dirigés contre des protéines neuronales, et de son caractère longitudinal permettant éventuellement de déceler une modification de ces marqueurs avant, pendant et après les poussées.

Douze enfants ont pu être prélevés à 5 reprises : 2 fois avant l’exacerbation des symptômes, 1 fois pendant, et 2 fois après. Six d’entre eux avaient fait une réinfection à streptocoques A.

Les sérums ont été testés contre des protéines extraites du noyau caudé, du putamen et de l’aire préfrontale 10 de Brodmann, par technique ELISA et par western immunoblot, puis contre des enzymes correspondant à trois des bandes trouvées au western immunoblot (la pyruvate kinase M1, l’α-énolase et  l’aldolase C).
Ils ont aussi été testés contre un cérébroside, le lysoganglioside GM1, par ELISA avec inhibition compétitive.
Il n’a pas été décelé d’augmentation de la réactivité sérique au moment des poussées, ni de différence de réactivité entre les enfants réinfectés par des streptocoques A et ceux qui ne l’étaient pas.

Dans les sérums, les différentes cytokines étaient soit indétectables, soit à des taux normaux. Il n’existait pas non plus de lien avec les poussées.

D’après les auteurs, l’absence de « mouvement » des marqueurs immunologiques qu’ils ont étudiés lors des poussées, va à l’encontre d’une pathogénie auto-immune des PANDAS.
Leur étude soulève de nombreuses objections. Des anticorps auto-immuns éventuels peuvent être dirigés contre des protéines autres que celles qui ont été testées, et les cytokines du sérum ne reflètent pas forcément ce qui se passe dans le système nerveux central.
Quoi qu’il en soit, cette étude illustre bien les difficultés auxquelles se heurte la recherche clinique dans un domaine comme celui des maladies neurologiques auto-immunes ou supposées telles.

Dr Jean-Marc Retbi

Référence
Singer HS et coll. : Serial immune markers do not correlate with clinical exacerbations in pediatric autoimmune neuropsychiatric disorders associated with streptococcal infections. Pediatrics 2008 ; 121: 1198-1205

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