Polyarthrite rhumatoïde : en l’absence de réponse sous anti-TNF alpha, il faut changer d’anti-TNF alpha !

Près d’un tiers des patients atteint de polyarthrite rhumatoïde (PR) n’atteint pas le score ACR20 sous anti-TNF alpha. Parallèlement, environ 30 % des malades arrêtent leur anti-TNF au cours de la première année de traitement et prennent soit un autre anti-TNF, soit un autre DMARD (Disease Modifying antirheumatic Drug), voire continuent avec l’anti-TNF de départ selon un autre schéma. Si les études effectuées à ce jour ont montré tout l’intérêt de continuer avec un anti-TNF, cette réponse ne vaut que pour le court terme. De plus, ces études incorporent sans discrimination les patients non-répondeurs et ceux qui présentent des effets secondaires.

Pour mieux connaître la population des non-répondeurs au long cours, la Bristish Society of Rheumatology a revu son registre des patients traités par anti-TNF. En effet, la British Society for Rheumatology Biologics recense tous les patients qui ont reçu un anti-TNF pour une PR active, définie par un DAS28 >5,1 malgré l’utilisation d’au moins deux DMARDs dont le méthotrexate (MTX). Les 10 993 patients enregistrés ainsi jusqu’en juin 2006 ont reçu soit de l’étanercept sous cutané SC 50mg 1x/sem ou 25mg 2x/sem, soit l’adalimumab en SC à la dose de 40 mg tous les 15 jours, soit l’infliximab à raison de 3 mg/kg avec le MTX.

Reprenant parmi ces patients, tous ceux qui ont été classés comme non-répondeurs par leur rhumatologue sur base du DAS28 ou de la réponse EULAR, les auteurs en ont retenu 868 qui avaient en outre dans leur dossier une mesure du score HAQ de qualité de vie au départ et après 12 mois de traitement et les ont analysés en les répartissant en 3 groupes : les « stoppers », qui ont arrêté tout anti-TNF (n=138), les « stayers » qui ont continué avec le même anti-TNF, parfois selon un schéma posologique différent (n=399), et les « switchers » qui ont bénéficié d’un autre anti-TNF (n=331).

Kimme Hyrich et ses collaborateurs de l’unité d’épidémiologie de l’université de Manchester ont pu montrer que 12 mois après la reconnaissance de la non-réponse, les patients qui changeaient d’anti-TNF et ceux qui gardaient le même anti-TNF évoluaient nettement plus favorablement que ceux qui avaient arrêté leur anti-TNF, la plus grande amélioration se rencontrant dans le groupe des « switchers », chez qui le HAQ moyen augmentait de 0,15 points de plus que chez les patients qui gardaient le même anti-TNF  (IC 95 % : 0,26- 0,05).

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Référence
Hyrich K et coll, on behalf of the BSR Biologics Register. : Effects of switching between anti-TNF therapies on HAQ response in patients who do not respond to their first anti-TNF drug. Rheumatology 2008 47(7):1000-5

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