Maladie coronaire : mieux vaut être mince et sportif que gros et sédentaire !

L’activité physique et l’index de masse corporelle (IMC) sont deux variables indépendantes qui jouent un rôle important dans le risque de maladie coronaire. Leurs effets combinés, au demeurant mal connus, ont été évalués dans le cadre d’une étude de cohorte prospective, en l’occurrence la Women's Health Study, qui a inclus  38 987 femmes indemnes, à l’état basal, de maladie cardiovasculaire, de cancer ou encore de diabète.

Le suivi a été en moyenne de 10,9 années, et trois groupes ont été constitués, en fonction de l’IMC : 1) poids normal (<25 kg/m2) ; 2) surcharge pondérale (25 à 30) ; 3) obésité  ( 30). L’existence d’une activité physique significative a été évoquée devant une dépense énergétiques d’au moins 1 000 kilocalories par semaine, pendant les heures de loisirs. Six catégories ont été formées à partir des combinaisons possibles entre l’activité physique et l’IMC. Au cours du suivi, ont été pris en compte les événements cardiovasculaires (ECV) suivants : infarctus du myocarde (IDM) non létal, pontage aorto-coronaire, angioplastie coronaire percutanée ou encore décès imputable à une maladie coronaire.

Au total, 948 ECV ont été enregistrés. Un IMC élevé et la sédentarité sont apparues comme des variables hautement prévisibles de la maladie coronaire. Les risques relatifs ajustés (RRA) d’ECV dans les catégories précédemment définies ont été évalués au moyen d’une analyse multivariée, par rapport aux sujets de poids normal exerçant une activité physique réelle. Ces RRA étaient respectivement estimés à :1) 1,54 en cas de surcharge pondérale associée à une activité physique ; 2) 1,87 en cas d’obésité + activité ; 3) 1,08 en cas de poids normal associé à la sédentarité ; 4) 1,88 en cas de surcharge pondérale + sédentarité ; 5) 2,53 en cas d’obésité et de sédentarité.

De cette analyse, il ressort que le risque de maladie coronaire associé à une augmentation de l’IMC peut être considérablement réduit par une augmentation de l’activité physique régulière, ceci chez la femme. Le risque résiduel persiste cependant d’où l’importance d’associer minceur et activité physique !

Dr Philippe Tellier

Référence
Weinstein AR et coll. : The Joint Effects of Physical Activity and Body Mass Index on Coronary Heart Disease Risk in Women. Arch Intern Med 2008 ; 168 : 884-890.

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