Plusieurs études ont suggéré une association inverse entre
consommation de café et maladie de Parkinson. Cependant, ces
travaux étant principalement américains et comptant peu d’études de
cohortes, ils appelaient réplication. Cette étude réalisée par
l’Institut de santé publique d’Helsinki, qui s’est attachée à
préciser la relation entre consommation de café et risque de
maladie de Parkinson, apporte ainsi de nouveaux éléments au débat,
d’autant plus intéressant que la population de Finlande a le taux
de consommation de café le plus élevé du monde.
Il s’agit d’une étude prospective conduite chez 6 170 hommes et
femmes, âgés de 50 à 79 ans, indemnes de maladie de Parkinson à
l’inclusion. La consommation de café était établie grâce à un
autoquestionaire rempli par les participants.
Cette cohorte a été suivie 22 années durant, au cours desquelles
101 cas incidents de maladie de Parkinson sont survenus (attestés
par un neurologue). De nombreux facteurs potentiels de confusion
ont été pris en compte dans l’analyse, et des ajustements ont été
effectués notamment sur l’âge, le sexe, le statut marital, le
niveau d’éducation, la consommation d’alcool, l’activité physique
de loisir, le tabagisme, l’indice de masse corporelle (IMC),
l’hypertension artérielle et la cholestérolémie.
Après ajustements, l’analyse met en évidence un risque relatif
de maladie de Parkinson de 0,26 (intervalle de confiance à 95 %
[IC95] de 0,07 à 0,99) ; p pour la tendance = 0,18) chez les
sujets buvant quotidiennement 10 tasses de café ou plus, en
comparaison de sujets ne buvant pas de café.
Si l’association observée entre consommation de café et maladie
de Parkinson est apparue semblable chez les hommes et chez les
femmes, elle s’est avérée significativement plus forte chez les
sujets en surpoids (IMC supérieur à 25) et chez ceux dont la
cholestérolémie était, dans cette population d’étude, inférieure à
la médiane, de 7,24 mmol/l.
Par ailleurs, l’étude montre une association inverse,
statistiquement significative, entre tabagisme et maladie
Parkinson, avec un risque relatif, ajusté sur l’âge et le sexe, de
0,19 (IC 95 de 0,07 à 0,52) en comparaison des non-fumeurs.
Cette étude, dont les résultats semblent conforter l’hypothèse
d’un effet protecteur de la consommation de café sur le risque de
maladie de Parkinson, voit son interprétation limitée par plusieurs
insuffisances :
- le nombre, plutôt faible, de cas malgré les 22 ans de suivi
;
- de possibles erreurs de classement des cas ;
- l’incertitude portant sur la reproductibilité à long terme de la
consommation de café (d’autant plus que la consommation de café
aurait diminué, en Finlande, au cours des deux dernières décennies)
;
- l’absence de questions permettant d’informer sur la taille des
tasses, rendant impossible la détermination précise de la quantité
de café consommée (les auteurs ont opté pour le volume d’une tasse
présumé probable en Finlande dans les années 1970 : 110 ml) ;
- le manque d’information intéressant les autres sources de caféine
;
- la possibilité, malgré les nombreux facteurs potentiels de
confusion pris en compte, de facteurs confondants résiduels.
Dr Claudine Golgewicht
Sääksjärvi K et coll. : Prospective study of coffee consumption and risk of Parkinson’s disease. Eur J Clin Nutr 2008 ; 62 : 908-15.
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