Cancer du sein : quel impact de la chimiothérapie sur les fonctions cognitives ?

Le traitement du cancer du sein est en règle d’emblée chirurgical, à l’exception des formes inflammatoires hautement évolutives. La stratégie thérapeutique post-opératoire consiste à associer radiothérapie et/ou chimiothérapie en fonction du bilan d’extension, notamment du stade TNM, mais aussi de l’expression des récepteurs hormonaux au sein de la tumeur.

Certaines études menées dans ce contexte pathologique indiquent que la chimiothérapie pourrait induire des perturbations cognitives subtiles, tout au moins chez certaines patientes, selon des mécanismes flous qui restent à préciser. Une étude de cohorte prospective, de type cas-témoins, a inclus 53 femmes ménopausées atteintes d’un cancer du sein traité chirurgicalement.

Une évaluation neuropsychologique exhaustive a été effectuée à l’état basal (T1), 1 mois après la chimiothérapie adjuvante (T2), puis 12 mois après l’arrêt de celle-ci (T3). Un groupe témoin a été constitué de 40 femmes atteintes de la même maladie ; les évaluations étant faites aux mêmes moments que dans le groupe témoin. Dans ce groupe, le traitement adjuvant était hormonal.

Une analyse par régression standard a été utilisée pour mettre en évidence le déclin cognitif et calculer sa fréquence dans les deux groupes. A T2, le déclin cognitif s’est avéré plus fréquent dans le groupe traité par chimiothérapie que dans l’autre groupe. A T3, sa fréquence globale était similaire dans les deux groupes, respectivement 10 % versus 11 % (NS). Avec certains items, notamment un index composite prenant en compte la vitesse de traitement des informations et la mémoire verbale, les résultats se sont avérés inférieurs en cas d’association chimiothérapie et traitement hormonal versus chimiothérapie isolée.

Selon cette étude, la chimiothérapie semble avoir un impact négatif modeste sur les fonctions cognitives des patientes ménopausée, atteinte d’un cancer du sein, tout au moins à court terme, peu de temps après l’arrêt du traitement. De plus, ces troubles disparaissent en l’espace de 12 mois. Leurs mécanismes et leur signification clinique restent à préciser sur une plus grande échelle.

Dr Giovanni Alzato

Référence
Collins B et coll. : Cognitive effects of chemotherapy in post-menopausal breast cancer patients 1 year after treatment. Psycho-oncology 12 juin 2008 ; publication avancée en ligne.

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