Résultats encourageants dans le cancer évolué du pancréas

L’incidence des cancers du pancréas va en augmentant au point d’en faire la 4ème cause de mortalité par cancer au monde. Malgré de récents progrès, le pronostic des cancers du pancréas localement évolués (CPLE), c’est-à-dire non résécables, mais sans métastases, demeure très sombre.

Depuis 10 ans, le Groupe Coordinateur Multidisciplinaire en Oncologie (GERCOR) traite les CPLE par une chimiothérapie (CT) première, puis, en l’absence de progression après 3 mois, et selon le choix du praticien, soit par une poursuite de la CT, soit par une association CT et radiothérapie concomitante (CCRT).

Les auteurs rapportent leur expérience de CPLE traités, dans un premier temps, par 4 cycles associant gemcitabine (1g/m²) et oxaliplatine (100 mg/m²), puis, en cas de stabilisation, par CCRT consistant en 55 Gy (9 Gy par semaine pendant 5 semaines puis 10 Gy en surimpression pendant 8 séances en 14 jours ciblant la tumeur et les ganglions) avec perfusion de 5-FU (250 mg/m²) et oxaliplatine (60 mg/m² chaque semaine). Les patients devaient avoir un bon état général (de 0 à 2 dans la classification de l’OMS), pas d’insuffisance hépatique ou rénale, ni d’anomalie hématologique. En cas de toxicité hématologique, la CT était différée, ou réduite, la radiothérapie aussi, mais pour des chiffres extrêmes (< 500 neutrophiles, < 50 000 plaquettes).

L’étude a concerné 59 malades (âge moyen de 66 ans) dont 54 ont supporté les 4 cycles de CT première ; la toxicité étant essentiellement digestive (vomissements) et hématologique (anémie, thrombopénie).

La CCRT a été possible chez 50 patients ; les 9 autres ayant trop mal toléré le traitement (n=1), ou refusé sa poursuite (n=1), ou vu leur tumeur progresser (n=7 ). La CCRT a dû être interrompue chez 6 patients (toxicité ou raisons personnelles). La toxicité était essentiellement digestive (vomissements, diarrhée), mais 3 cas de neutropénie fébrile ont également été rapportés. Une toxicité tardive (2 mois après la fin du traitement) a encore été constatée sous forme de neutropénie et thrombopénie sévères et de vomissements persistants.

Sur le plan tumoral, une réponse complète appréciée sur l’imagerie a été rapportée dans 4 % des cas, une réponse partielle dans 22 % des cas, et une stabilisation chez 36 % des 50 malades soumis à la CCRT.

Quant à la survie, elle a été prolongée par rapport aux malades qui n’ont pu supporter le traitement (12 mois au lieu de 8). La survie à 1 et 2 ans était respectivement de 52 et 21 %.

Ces résultats sont encourageants et on peut espérer qu’ils le seraient davantage si la chimiothérapie première avait été plus longue.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Moureau-Zabotto L et coll. : Concomitant administration of weekly oxaliplatin, fluorouracil continuous infusion, and radiotherapy after 2 months of gemcitabine and oxaliplatin induction in patients with locally advanced pancreatic cancer : a Groupe Coordinateur Multidisciplinaire en Oncologie Phase II study. J Clin Oncol 2008 ; 26 : 1080-5.

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