Stress traumatique aigu : traiter à chaud ou à froid ?

Au moins une fois sur dix, les victimes d’un stress traumatique aigu (ASD pour acute stress disorder) vont développer ensuite, avec une évolution vers la chronicité, un syndrome post-traumatique (PTSD pour post-traumatic stress disorder). Ce dernier comporte notamment des troubles du sommeil (cauchemars), du caractère (nervosité, irritabilité), de l’humeur (tendances dépressives) et du comportement (évitement systématique des situations ou des personnes susceptibles de raviver le souvenir anxiogène du traumatisme initial). Traiter l’ASD par des thérapies cognitivo-comportementalistes peut contribuer à prévenir l’apparition d’un PTSD mais il n’est pas toujours évident, a priori, que ces thérapies soient bien reçues, quand elles sont appliquées dans l’urgence d’un contexte aigu.

Pour apprécier leurs bénéfices respectifs, une étude contrôlée australienne (réalisée au Westmead Hospital, université de Nouvelle-Galles du Sud *) a donc comparé les résultats des techniques psychothérapeutiques déployées « à chaud » avec ceux des psychothérapies délivrées à distance de l’événement traumatisant. Cette recherche montre que pour limiter le risque de stress post-traumatique, une psychothérapie, dès la phase aiguë du traumatisme, est plus efficace, avec persistance d’un effet favorable encore quatre ans plus tard.

Par ailleurs, la technique PE (prolonged exposure) a été comparée à la restructuration cognitive (CR pour cognitive restructuring). Rappelons que la technique PE consiste en une exposition graduelle et prolongée aux stimuli anxiogènes, répétée en imagination, visant à habituer l’intéressé à sa situation stressante, pour éteindre progressivement les réponses d’évitement, par déconditionnement. Il en ressort que la technique PE s’est révélée plus efficace que la méthode CR.

Quand on redoute l’éclosion d’un PTSD, les auteurs préconisent donc de promouvoir ces thérapies cognitivo-comportementalistes d’exposition prolongée, sans hésiter à intervenir rapidement après le traumatisme déclenchant.

Dr Alain Cohen

Référence
Bryant RA et coll. : Treatment of acute stress disorder. A randomized controlled trial. Arch Gen Psychiatry 2008 ; 65 (6) : 659-667.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article