Sous le soleil, exactement juste en dessous, le risque de mélanome augmente quel que soit l’âge

L’exposition au rayonnement ultraviolet (UV) du soleil est considérée comme le facteur de risque environnemental de mélanome cutané le plus important. Plusieurs études ayant mis l’accent sur le rôle particulièrement délétère des coups de soleil dans l’enfance, des auteurs américains ont cherché à évaluer l’ampleur de l’association entre mélanome de la peau et coups de soleil à différentes périodes de l’existence : dans l’enfance, à l’adolescence, à l’âge adulte, et vie entière.

Pour ce faire, ils ont passé en revue les études publiées jusqu’en décembre 2007, ayant mesuré la relation entre coups de soleil et risque de mélanome cutané, et effectué une méta-analyse  qui a évalué de façon détaillée 270 articles parmi 1 300 identifiés. Puis ils ont soumis à analyse 51 publications ayant exploré la relation entre mélanome et coups de soleil (à l’origine de phlyctènes ou de douleur durant plus de 2 jours) à une période de l’existence au moins. Parmi ces 51 études retenues, 26, de type cas-témoins (dont 16 en population générale) ont permis de rechercher une relations « dose-réponse ».

Un accroissement du risque chez l’enfant, mais pas seulement chez l’enfant

Cette méta-analyse met en évidence un risque accru de mélanome de la peau avec l’augmentation du nombre de coups de soleil à toutes les périodes de la vie.

L’analyse des données regroupées montre, pour un accroissement de 5 coups de soleil par période de l’existence, des odds ratios (OR) pour le risque de mélanome cutané, de 1,79 dans l’enfance (intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 1,16 à 2,93), de 1,66 à l’adolescence (IC95 de 1,34 à 2,07), de 1,48 à l’âge adulte (IC95 de 1,31 à 1,67), et de 1,25 pour la vie entière (IC95 de 1,17 à 1,36).

L’analyse, pour un accroissement de 5 coups de soleil par décennie, laisse apparaître des OR accrus pour le mélanome de la peau, pour les coups de soleil à l’âge adulte (3,27 ; IC95 de 2,35 à 4,45) et pour ceux vie entière (3,24 ; IC95 de 2,19 à 4,66) en comparaison des OR pour les coups de soleil dans l’enfance  (2,02 ; IC95 de 1,20 à 3,56) et à l’adolescence (1,42 ; IC95 de 1,23 à 1,66).

Les résultats de cette méta-analyse, qui associe à l’accroissement du risque de mélanome cutané l’augmentation du nombre de coups de soleil dans l’enfance, mais aussi à l’adolescence, à l’âge adulte, et vie entière, appellent des efforts de prévention à toutes les périodes de l’existence.

Dr Claudine Goldgewicht

Référence
Dennis LK et coll. : Sunburns and risk of cutaneous melanoma : Does age matter ? A comprehensive meta-analysis. Ann epidemiol 2008 ; 18 : 614-27.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article