Contraception orale et diabète de type 1 : un effet protecteur sur les calcifications coronaires

Les femmes atteintes d’un diabète de type 1 ont un risque coronaire accru, comparable à celui des hommes. Par ailleurs, les troubles du cycle menstruel sont plus fréquents, en particulier les aménorrhées par inhibition de la sécrétion de GnRH. Il est donc possible que l’augmentation du risque coronarien observé chez les femmes ayant un diabète de type 1 s’explique en partie par une hypo-estrogénie.

L’objectif de cet article était d’étudier le lien éventuel entre troubles des règles, recours à une contraception orale et calcifications coronaires chez les femmes atteintes de diabète de type 1. Pour cela, 612 femmes ont été suivies prospectivement pendant 2,4 ans avec deux évaluations successives des calcifications coronaires par tomodensitométrie. Les femmes ayant un diabète de type 1, au nombre de 293 (âge moyen 37 ans), ont été comparés à 319 témoins (âge moyen 39 ans). A l’inclusion, les calcifications coronaires étaient plus importantes chez les femmes ayant un diabète de type 1 que chez les témoins et la progression des calcifications entre les deux évaluations était également plus importante chez ces premières.
 
Les cycles irréguliers et les épisodes d’aménorrhée étaient plus fréquents chez les diabétiques que chez les témoins (respectivement 22,1 versus 14,9 % ; p0,05 et 16,6 versus 7 % ; p0,001). L’utilisation d’une contraception orale était moins fréquente en cas de diabète de type 1 que chez les témoins (79,8 versus 89,9 % ; p0,001). L’âge de la ménarche était plus élevé chez les patientes ayant un diabète de type 1 que chez les témoins (13,1 versus 12,8 ans ; p0,05). L’utilisation d’une contraception orale était associée à une moindre progression des calcifications coronaires pour toutes les femmes, mais cette association était plus forte en cas de diabète de type 1. Les irrégularités du cycle menstruel étaient associées à un risque accru de progression des calcifications coronaires chez les femmes ayant un diabète de type 1.

L’utilisation d’une contraception orale est associée à une moindre progression des calcifications coronaires, en particulier chez les femmes ayant un diabète de type 1.

Dr Laurence Du Pasquier

Référence
Snell-Bergeon JK et coll. : Reproductive history and hormonal birth control use are associated with coronary calcium progression in women with type 1 diabetus mellitus. J Clin Endocrinol Metab 2008 ; 93 : 2142-2148.

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Vos réactions (1)

  • Votre titre est faux

    Le 13 août 2008

    Un lien statistique n'est pas un lien causal. Votre titre est inadapté. L'effet protecteur n'est qu'une hypothèse.
    C'est peut-être tout simplement la pratique sexuelle (liée statistiquement à l'usage d'un contraceptif) qui protège les coronaires.

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