Convulsions fébriles : on n’en meurt pas…habituellement

Les convulsions hyperpyrétiques (CHP) sont fréquentes, puisqu’elles affecteraient 2 à 5 % des enfants, avant l’âge de 5 ans. Dans un tiers des cas, ces convulsions tendent à récidiver et à affoler les parents qui redoutent une issue fatale à chaque récidive. La mortalité des CHP est en fait mal connue, même si elles sont considérées comme relativement bénignes par la plupart des médecins, pédiatres ou autres. Les études antérieures ne permettent pas d’évaluer le risque réel, du fait de la faiblesse des effectifs et d’un suivi trop bref, mais elles plaident le plus souvent en faveur de la bénignité des CHP. Ceci dit, leur grande fréquence exige un peu plus de précision, car même une surmortalité faible expose à des conséquences importantes en santé publique.

Une vaste étude de cohorte, réalisée au Danemark, avec un suivi prolongé (jusqu’à 28 ans), permet d’y voir plus clair.  Les 1 675 643 nés entre le 1er janvier 1977 et le 31 décembre 2004 ont été suivis à partir de l’âge de 3 mois, jusqu’au 31 août 2005.  Des analyses de survie ont permis d’évaluer la mortalité globale et spécifique après la première CHP.

Une étude de type cas-témoins intra-cohorte a comparé les enfants décédés (n=8 172) et 40 860 témoins appariés, en ce qui concerne les CHP et les anomalies neurologiques potentielles.  Sur les 8 172 décès, 232 sont survenus parmi 5 5125 enfants qui avaient, dans leurs antécédents, au moins un épisode de CHP.

Au cours de la première et de la deuxième année de la vie, le risque relatif (RR) de décès, après des CHP inaugurales, a été estimé respectivement à 1,80 et à 1,89. Dans les années qui ont suivi, le RR a rejoint celui de la population générale. Sur 100 000 enfants avec antécédents de CHP il y a eu 132 décès dans les deux dans qui ont suivi le premier épisode de convulsions, contre 67 parmi 100 000 enfants sans antécédents de ce type. Dans l’étude cas-témoins intra-cohorte, une CHP simple  (durée ≤ 15 min et pas de récidive (s) dans les 24 h suivantes) n’a pas eu d’incidence sur la mortalité qui a été comparable à celle de la population générale, le RR ajusté étant en effet de 1,09. En revanche, les CHP complexes  (durée > 15 min ou récidives dans les 24 heures) ont été associées à une surmortalité, le RR étant en effet de 1,99. Les anomalies neurologiques préexistantes et l’épilepsie ultérieure n’ont pu qu’expliquer partiellement cet état de fait.

En bref, les CHP ne semblent pas avoir d’incidence sur la mortalité à long terme. En Cependant, dans les deux années qui suivent les CHP inaugurales complexes, il existerait une surmortalité modeste. De quoi rassurer les parents qui s’affolent souvent devant ces convulsions volontiers impressionnantes  par leur traduction clinique.

Dr Peter Stratford

Référence
Vestergaard M et coll. : Death in children with febrile seizures: a population-based cohort study. The Lancet 2008; 372:457-46.

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