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Les difficultés conventionnelles des infirmières sonnent le glas de l’union syndicale

Publié le 19/08/2008 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le mardi 19 août 2008 – L’âme humaine est ainsi faite qu’elle se plaît souvent à faire ennemis ceux et celles qui auraient dû s’unir face à une adversité commune. Le microcosme syndical des professionnels de santé illustre parfaitement cette vérité ontologique. Face à l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM) et aux pouvoirs publics qui les ont privés de revalorisations tarifaires pourtant promises depuis plus d’un an, les syndicats d’infirmières libérales semblent préférer rejouer l’éternel drame des frères (et consœurs) ennemis. Plus personne n’ignore que l’UNCAM et les infirmières libérales avaient conclu en avril 2007 qu’après une première vague d’augmentation tarifaire en juillet 2007, une seconde interviendrait au 1er août 2008. Cependant, la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2008 a quelque peu contrarié ces plans : elle impose que toute augmentation soit validée par un avenant conventionnel et qu’un délai de six mois soit observé entre l’établissement de cet accord et ladite revalorisation. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, les infirmières s’étaient faites fort d’obtenir la signature d’un accord avec l’UNCAM avant le 1er mars 2008 afin que la hausse des tarifs puisse effectivement intervenir le 1er août 2008. Las, les négociations furent rompues le 27 février 2008. Elles reprirent au mois de juillet et se soldèrent le 24 juillet par un nouvel échec, lié à l’impréparation de l’UNCAM sur la question de l’organisation de la régulation de la démographie infirmière et à son refus d’octroyer une rallonge significative pour se faire pardonner son retard.

Que les vrais coupables se désignent !

Telle est tout du moins l’explication que les médias et le JIM également ont proposé pour justifier l’achoppement estival des discussions. La réalité serait cependant quelque peu différente si l’on en croit l’analyse qu’en fait la Fédération nationale des infirmières (FNI) dans un communiqué publié sur son site la semaine dernière. « Dès la réouverture du chantier conventionnel (au début de l’année, ndrl), le Sniil (Syndicat national des infirmiers et infirmières libérales) s’est enfermé dans une stratégie procédurière aléatoire envers l’UNCAM, fermant la voie à la négociation. Cette position singulière a offert le 27 février 2008 au Directeur de l’UNCAM, maître du temps, un espace suffisant pour écarter les conditions de signature d’un avenant proposées par la FNI », explique ainsi l’organisation. Pour la Fédération, il ne semble donc faire aucun doute que le choix du Sniil de former un recours devant le Conseil d’Etat est à l’origine de l’échec conventionnel !

Rétroactivité

Le courroux de la FNI est aujourd’hui attisé par la volonté réitérée du SNIIL de déposer un recours devant le tribunal administratif. L’argumentaire de l’avocat du syndicat est simple : « aucune loi n’étant rétroactive en France », la LFSS pour 2008, publiée au journal officiel le 19 décembre 2007 ne peut concerner un accord conventionnel publié au même JO six mois plus tôt. Alors qu’était annoncée au début du mois d’août cette décision de former un recours administratif, maître Michèle Charles en a profité pour regretter l’attitude des autres syndicats : « Ils ne nous ont pas du tout suivis pas plus que soutenus. Mais nous sommes grands et nous avons nos adhérents derrière nous ».

Une stratégie « perdant-perdant »

Cette absence de soutien est manifeste dans le communiqué de la FNI, qui prédit même que la stratégie du SNIIL conduira les infirmières à la perte. « Cette stratégie singulière (…) n’est pas dénuée de risques pour l’ensemble des infirmiers libéraux qui en seront les grands perdants », prophétise la FNI, qui observe notamment que même dans l’hypothèse où la justice donnait raison au SNIIL, au prix d’une longue procédure, « les tarifs applicables seront ceux négociés en 2007, alors qu’au terme des 18 heures de négociations le 24 juillet, le Directeur Général de l’UNCAM avait accepté le principe d’une rallonge financière non négligeable pour compenser la hausse du prix des carburants. L’absence de la Présidente du Sniil à la table d’une séance de négociations annoncée comme conclusive est d’ailleurs lourd de sens » écrit le président de la FNI, Philippe Tisserand. Ce dernier explique préférer « l’action politique » en multipliant les appels à l’UNCAM et au ministère de la Santé, même pendant l’été. Le mois d’août 2008 n’aura de fait nullement été synonyme de trêve pour les organisations d’infirmières, qu’il s’agisse de la guerre conventionnelle ou de la guerre syndicale.



A.H.


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