Roselyne Bachelot : que le Grand Crique me Crocs !

Paris, le mardi 26 août 2008 – C’est en temps que ministre des Sports et non de la Santé que Roselyne Bachelot arborera lors du prochain Conseil des ministres des Crocs roses fluo qui lui ont été offertes par la skieuse Marielle Goitschel et qu’elle s’était promise de porter si l’équipe de France remportait au moins quarante médailles lors des Jeux Olympiques de Pékin. Si Roselyne Bachelot avait usé de sa qualité de ministre de la Santé pour revendiquer le port de ces désormais célèbres chaussures, certaines réticences auraient en effet pu se faire jour. Ce n’est pas tant le manque d’esthétisme de ces souliers, dont le succès demeure encore difficile à comprendre, qui aurait été reproché au ministre, mais plus certainement l’absence de prise en compte des nombreux dangers sanitaires qui seraient associés aux Crocs.

Des chaussures qui ont les défauts de leur qualité…

Alors que la déferlante « Crocs » ne s’était pas encore abattue sur la France, alors encore protégée de l’engouement démesuré pour ces chaussures aux couleurs criantes en résine de synthèse dont le confort est loué par tous, une première polémique éclatait déjà au Canada l’été dernier. Résistantes à la transpiration et aux bactéries et s’adaptant à la forme du pied à partir de la chaleur dégagée par ces derniers, les Crocs sont particulièrement plébiscités par les personnels hospitaliers et notamment par les infirmières, au premier rang desquelles les professionnelles américaines et canadiennes. Pourtant, les nombreux trous qui ornent ces sabots en plastique au niveau des orteils et du dessus du pied ont fait redouter un défaut de protection des personnels en cas de chute d’une seringue ou d’un instrument tranchant. La finesse de la matière des Crocs, qui peut être facilement transpercée, augmentait les craintes émises par les directions de plusieurs établissements de santé canadiens. Aussi, avant que l’entreprise ne trouve la parade en proposant des Crocs complètement fermées sur le dessus du pied, plusieurs hôpitaux canadiens avaient banni ces chaussures, au grand dam de nombreuses infirmières.

Safeclip

Quelques mois plus tard, des inquiétudes plus sérieuses encore vinrent ternir la réputation des Crocs dans les services hospitaliers du monde entier. C’est en Suède que fut pour la première fois établi un possible lien entre la matière des Crocs, un alliage de plastique baptisé « croslite » et le dérèglement de certains respirateurs artificiels. L’électricité statique induite par le frottement au sol de la résine de synthèse serait à l’origine de ces dysfonctionnements. Constatant ce risque, la Suède fut la première à interdire le port de ces souliers par les personnels médicaux. Bientôt, certains établissements britanniques prirent le pas. Aujourd’hui, c’est au tour de l’Autriche de sortir les crocs contre ces chaussures. L’interdiction prise par plusieurs hôpitaux viennois concernera plus spécifiquement les services où le port de vêtements antistatiques est obligatoire. Pour justifier sa décision, le directeur des services techniques des Hôpitaux civils de la capitale autrichienne, Peter Wölfl a indiqué : « Une expertise technique a révélé que ces chaussures n’étaient pas antistatiques et pouvaient perturber le bon fonctionnement des appareillages électroniques de précision, voire provoquer des explosions ». Confrontées à cette décision autrichienne, les sociétés savantes canadiennes ont montré un certain embarras et la presse vient de révéler que l’Ordre des infirmières et infirmiers au Québec (OIIQ) avait produit il y a plus d’un an une note admettant l’existence d’un faible risque, mais sans l’avoir jamais publiée. Là encore, il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que la firme ne trouve la parade. Le « Safeclip » est une pince qu’on accroche aux sandales pour les rendre antistatiques : elle devrait être rapidement disponible dans le monde entier. Par ailleurs, la responsable suisse de la communication des Crocs assure que « Les sabots en plastique ont été testés par l’Organisation néerlandaise pour la recherche scientifique appliquée. Les résultats montrent que les Crocs ne sont pas plus statiques que d’autres modèles de chaussures utilisés en milieu hospitalier ».

De la gloire à la chute… dans les escaliers roulants !

L’augmentation des accidents d’exposition au sang et le risque de déréglement des appareils médicaux ne sont cependant pas les seuls griefs que l’on pourrait tenir contre les Crocs. Au Japon, ce sont les accidents d’escalators qui sont les plus sérieusement redoutés. Il existe même dans les points de vente des panneaux préventifs destinés à alerter les parents. Les Crocs se coinceraient en effet facilement entre les marches des escalators : souples et agrippantes, elles ne permettent pas toujours d’éviter des accidents graves, notamment chez les enfants. Une quarantaine d’accidents ont ainsi été déplorés au Japon, des doigts de pieds ont notamment été sectionnés. Un appel à la vigilance a donc été lancé l’automne dernier par le ministre japonais de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie, dans ce pays qui est l’un des plus grand consommateur de Crocs au monde. Soucieux encore une fois de préserver son image de marque, la firme Crocs a lancé en ce mois d’août 2008 une campagne d’information sur le sujet en accrochant sur ses chaussures des étiquettes rappelant les consignes de sécurité à suivre sur un escalator !

A.H.

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Vos réactions (1)

  • CROC mitaine

    Le 29 août 2008

    Encore une tentative de règlementation imbécile. ... et si les direction des hopitaux se posaient la question du bénéfice risque ? Bénéfice en terme de lutte contre les infections, bénéfice en terme de confort au travail et donc de diminution de l'absentéisme, bénéfice en terme de lutte contre la morosité par l'introduction d'éléments coloré dans cet univers monocolore, bénéfice en terme de maladie professionnelle en diminuant les lombalgies, problèmes de pied chez ces demoiselles qui bossent 8 h par jour debout.
    Les direction hospitalière n'ont vraiement rien à faire pour se préoccuper de tel problèmes!

    Michel Boudine

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