Angor résiduel pour un patient sur cinq, un an après un infarctus du myocarde

Dans les suites d’un infarctus du myocarde (IDM), l’idéal est d’aboutir à une éradication complète de l’angor, en usant, pour cela, d’un arsenal thérapeutique qui s’est considérablement enrichi en l’espace d’un quart de siècle. La remarque vaut certes pour la pharmacothérapie, mais aussi pour les procédures qui constituent la cardiologie interventionnelle. Force est néanmoins de reconnaître que, dans la pratique courante, l’idéal précédent est loin d’être atteint, comme le suggèrent une vaste étude de cohorte multicentrique prospective dans laquelle ont été initialement inclus 2 498 patients (entre le 1er janvier 2003 et le 28 juin 2004), tous victimes d’un IDM aigu. L’action se déroule aux Etats-Unis et ces malades ont été recrutés dans 19 hôpitaux.

Au sein de cette étude multicentrique, l’angor a été systématiquement recherché un an après l’hospitalisation, grâce à un questionnaire spécifique, en l’occurrence le SAQ (Seattle Angina Questionnaire). D’autres données, potentiellement associées à l’angor tardif, telles les facteurs socio-démographiques, l’histoire clinique, la présentation de l’IDM, les traitements utilisés en milieu hospitalier et « en ville » ont été incluses dans une étude multivariée par régression, avec ajustement en fonction de chaque site hospitalier.

Au final, 1 957 patients ont accepté de participer à l’étude en question. Au total, 389 (19,9 %) ont rapporté l’existence d’un angor, 12 mois après l’IDM. L’analyse multivariée a mis en évidence les faits suivants : l’angor tardif concernait des malades plus jeunes, le risque relatif (RR) étant de 1,19 par décennie en moins, mais aussi des malades de race « non blanche », le RR étant alors de 1,50 (versus ceux de race blanche). Les autres facteurs associés à l’angor résiduel tardif étaient : 1) des antécédents d’angor avant l’IDM (RR, 1,78) ; 2) des antécédents de revascularisation myocardique par pontage aorto-coronaire (RR, 1,92) ; 3) la survenue de manifestations angineuses récidivantes en cours d’hospitalisation (RR, 1,54) ; 4) le tabagisme persistant (RR, 1,23) ; 5) la nécessité d’une revascularisation myocardique (angioplastie ou pontage aortocoronaire) après l’hospitalisation  (RR, 1,37) ; 5) des troubles dépressifs, qu’ils soient récents, persistants ou transitoires (RR, 1,77).

Malgré les progrès énormes accomplis dans la prise en charge de l’IDM à  la phase aiguë, un an après celui-ci, l’angor résiduel concerne environ un patient sur cinq. Celui s’associe volontiers à des facteurs de risque modifiables, tels le tabagisme chronique ou encore les troubles dépressifs.

Dr Philippe Tellier

Référence
Thomas M. Maddox et coll. Angina at 1 Year After Myocardial Infarction: Prevalence and Associated Findings. Arch Intern Med. 2008;168:1310-1316.

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