De la difficulté de lutter contre le Sida en Afrique… même en cas de bonne volonté gouvernementale

Yaoundé, le mardi 2 septembre 2008 – Lors de la Conférence internationale sur le Sida à Mexico, au mois d’août, le Cameroun a souvent été cité en exemple. De fait, ce pays qui compte plus de 16 millions d’habitants et où la prévalence du VIH est estimée à 5,5 %, offre un accès gratuit aux antirétroviraux depuis le mois de mai 2007, alors que les traitements étaient déjà donnés aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 15 ans. Le financement de cette mesure qui a été accompagnée d’une forte diminution des prix des examens semestriels de suivi biologique a été rendue possible grâce à la collaboration active de la Fondation Bill Clinton. Ces opérations ont en outre été accompagnées de campagnes de sensibilisation efficaces : entre 2005 et 2007, le pourcentage d’adolescents ayant déjà eu des rapports sexuels avant l’âge de 15 ans est passé de 35 à 14 %.

Corruption

Cependant, pour le gouvernement camerounais, cet ambitieux programme de lutte contre le Sida est parfois difficile à assumer. C’est ainsi qu’en février, il avait été tenté d’annoncer une hausse des tarifs des examens biologiques réalisés par les séropositifs, mais avait dû renoncer à cette mesure face à la polémique qu’elle suscita. C’est également au début de l’année qu’ont commencé les inquiétantes pénuries d’anti-rétroviraux, dont la distribution est sans cesse retardée dans plusieurs centres, mettant en péril la bonne prise en charge de milliers de patients. Pour dénoncer cette situation, une manifestation a réuni plusieurs responsables d’associations devant le siège du Comité national de lutte contre le Sida, à Yaoundé. Interrogé par des journalistes présents sur place, le président du Mouvement camerounais pour le plaidoyer à l’accès aux traitements (MOCPAT), Alain Fogué a déploré : « Depuis deux mois, il n’y a plus de traitement pour certains malades ». Il a également indiqué que cette situation encourageait la corruption de certains professionnels de santé.

L.C.

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