Ménopause : y-a-t-il une place pour les antidépresseurs après l’arrêt du THS ?

Au cours de la transition ménopausique et des années qui suivent la ménopause, certaines femmes sont exposées aux bouffées de chaleur,  aux sueurs nocturnes et aux troubles dépressifs. Pendant longtemps, le traitement hormonal substitutif (THS) a été considéré comme le remède idéal à tous ces maux, notamment les troubles vasomoteurs et les perturbations de l’humeur.

 La situation a changé, depuis que le rapport bénéfice/risque du THS est apparu défavorable, à la lueur des essais randomisés de grande envergure publiés au cours des dix dernières années. De ce fait, nombreuses sont celles qui ont interrompu le THS, avec comme résultante, la réapparition des trouble subjectifs associés à la ménopause. Par le passé, les antidépresseurs avaient fait preuve d’une certaine efficacité dans la prise en charge des troubles dépressifs et même des bouffées de chaleur, tout au moins, celles qui avaient un retentissement important sur la qualité de vie. L’efficacité était optimale quand les bouffées vasomotrices étaient associées à un syndrome dépressif authentique. Mais qu’en est il en l’absence de dépression ?

C’est à cette question que répond un essai randomisé, mené à double insu contre placebo, dans lequel ont été incluses 64 femmes ménopausées ou préménopausées (certaines en transition ménopausique) qui avaient toutes interrompu le THS. Dans le groupe traité pendant 6 semaines, la paroxétine LP (libération prolongée) a été administrée de façon souple, à la posologie de 12,5-25 mg/jour, alors qu’un placebo était utilisé dans l’autre groupe. Le critère principal d’efficacité symptomatique a été la diminution ou la disparition des bouffées de chaleur. L’évaluation thérapeutique a également porté sur les troubles dépressifs et le fonctionnement global.

Cinquante participantes sont allées jusqu’au terme de l’essai, dont 27 sous paroxétine LP et 23 sous placebo. Au début de cet essai, la fréquence moyenne des troubles vasomoteurs était de 17 par semaine. Le THS avait été antérieurement pris pendant plus de 5 ans (médiane, 66 mois, intervalle interquartile, 18-120 mois) et interrompu depuis  moins d’une année (médiane, 5 mois, intervalle interquartile, 2-10 mois) avant l’inclusion dans l’essai.

La paroxétine LP s’est avérée plus efficace que le placebo, pour ce qui est de la diminution de la fréquence hebdomadaire des bouffées vasomotrices, en moyenne 6,1 versus 2,8 (p=0,03 sous placebo). Il en a été de même pour les troubles dépressifs, évalués à l’aide d’une échelle, en l’occurrence la Montgomery-Asberg Depression Rating Scale, soit une réduction de 3,6 points sous paroxétine (versus 0,4 points sous placebo, p=0, 01).

Cette petite étude randomisée plaide en faveur de l’efficacité de la paroxétine LP dans le traitement des troubles vasomoteurs et dépressifs, survenant à l’arrêt du THS chez la femme ménopausée, ou encore à l’occasion  de la transition ménopausique.

Dr Philippe Tellier

Référence
Soares CN et coll. : Paroxetine versus placebo for women in midlife after hormone therapy discontinuation. Am J Med 2008; 121: 159-162.

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