L’irrépressible envol de la chirurgie oncoplastique dans le cancer du sein

Les progrès réalisés depuis 20 ans (dépistage, techniques chirurgicales mieux adaptées, traitements adjuvants), ont abouti à une amélioration de la survie dans le cancer du sein (KS). La personnalisation du traitement pour chaque cas particulier a conduit à un résultat chirurgical plus esthétique, donc à moins de séquelles psychologiques, tout en conservant les mêmes principes oncologiques. Ces considérations ont amené la naissance d’une spécialité nouvelle, la chirurgie plastique du sein (CPS), réalisant à la fois l’ablation du tissu malade et sa reconstruction.

Le but de ce travail a été de déterminer la proportion de CPS au sein d’une pratique chirurgicale dédiée au KS. Les auteurs ont calculé ce taux dans leur clientèle (publique et privée), entre 2001 et 2005, sur la chirurgie mammaire en excluant la pathologie bénigne et les biopsies. Ils ont en revanche inclus toutes les reconstructions du relief mammaire, qu’elles impliquent des lambeaux pris sur le grand dorsal (LGDO), le grand droit (LGDR), ou fassent appel à des prothèses gonflées progressivement (PGP), par le principe de l’expansion tissulaire, et quelle que soit leur date (immédiate après l’exérèse, ou retardée après le traitement adjuvant). Ils ont également pris en compte les mastectomies sous-cutanées, les reconstructions après tumorectomies, mais aussi les reconstructions de la plaque aréolo-mamelonnaire, y compris controlatérales, les mastopexies et les réparations d’asymétrie dans le cadre du KS.

Dans le laps de temps étudié, sur 2 113 interventions, il y en a eu 1 514 pour KS dont 59 % de chirurgie conservatrice de type quadrantectomies. Parmi ces femmes, 251 ont bénéficié de CPS, dont 67 simultanément à la chirurgie oncologique et 184 dans un second temps. Les interventions les plus pratiquées ont été les PGP (2/3 des cas), le tiers restant se partageant presque également entre LGDO et LGDR.

Si on ajoute à ces 251 cas les 138 gestes sur le sein controlatéral (modification du volume de la glande pour la rendre symétrique), les 153 reconstitutions de la plaque aréolo-mamelonnaire, et les 57 femmes qui ont bénéficié de mini-lambeaux ou de mastectomies sous-cutanées,  on obtient 599 patientes ayant bénéficié de CPS sur 2 113 , soit un taux de 28 %.

Ce pourcentage important, et qui ne peut que croître dans l’avenir, implique la nécessité pour les chirurgiens de se spécialiser en chirurgie plastique du sein.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Kollias J et coll. : Clinical impact of oncoplastic surgery in a specialist breast practice. A N Z J Surg., 2008;78:269-72.

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