Recherche du ganglion sentinelle dans le cancer du sein : ça vaut aussi pour l’homme

Certes, le cancer du sein (KS) de l’homme ne représente que 1 % des KS, mais son incidence augmente de 1 % par an depuis 30 ans. Sa rareté oblige à inférer pour son traitement des résultats observés chez la femme. C’est ainsi que la recherche du ganglion sentinelle (GS) a été proposée chez l’homme comme chez la femme dans le but de réduire les effets indésirables (lymphœdème) du curage axillaire (CA).

Entre 1996 et 2005, LW Flynn et coll. ont pratiqué 7 315 recherches de GS pour KS primitif, dont 78 (1 %) chez des hommes. La technique a fait appel à la fois à un traceur radioactif (Tc99) la veille de l’intervention et à un colorant (bleu isosulfane) lors de celle-ci. L’examen extemporané était facultatif, mais la coloration à l’hématoxyline-éosine et l’immunohistochimie ont toujours été faites et la lymphographie isotopique presque toujours.

Si l’on compare les 78 tumeurs observées chez les 77 hommes (un cas de bilatéralité) aux 7 237 diagnostiquées chez les 7 070 femmes (167 bilatéralités), on est frappé par l’âge moyen plus élevé des hommes (60 vs 56 ans), le siège majoritairement centro-aréolaire des KS masculins alors que les quadrants internes sont plus rarement atteints que chez la femme (5 vs 23 %), et la positivité plus fréquente des récepteurs œstrogéniques (98 vs 79 %).
Le mode de découverte le plus habituel pour les hommes a été la perception d’une masse palpable ; la lymphographie isotopique, positive dans 64 cas (82 %), a montré un drainage constant vers les ganglions axillaires, associé 2 fois à un drainage mammaire interne. Dans les 13 cas d’échec de la lymphographie,  il a été quand même possible d’identifier les GS.

Au total, la recherche de GS a été réussie 76 fois sur 78 tentatives (97 %), et, le plus souvent, par le traceur et par le colorant, ces taux étant similaires à ceux observés chez la femme ; les 2 échecs ont donné lieu à un CA qui a ramené des ganglions N+. Le taux global des GS + (37/76) est significativement plus élevé chez l’homme (49 vs 31 %), et, comme chez la femme, le diagnostic, avec ou sans biopsie extemporanée, a été porté le plus souvent (22/37) en peropératoire. Toutefois, 15 sur 37 des GS + (38 %) n’ont été authentifiés qu’en postopératoire ; 6 de ces patients n’ont pas subi de CA, mais ont été suivis en moyenne pendant 2 ans sans aucun signe de récidive.

Quant aux cas de  recherche de GS négative, 23 d’entre eux ont eu un CA, dont 3 ont ramené des ganglions envahis, suspectés par la palpation peropératoire. Un seul de ces malades a eu une récidive mortelle (métastases cérébrales) et tous les autres vont bien avec un recul moyen de 28 mois.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Flynn LW et coll. : Sentinel lymph node biopsy is successful and accurate in male breast carcinoma. J Am Coll Surg.,2008;206:616-21.

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