Prévalence élevée de l’hypovitaminose D dans les maladies rhumatismales

Selon certaines études, le rôle de la vitamine D dans la pathogénie de certaines maladies auto-immunitaires et/ou inflammatoires serait en train de se préciser. Un audit a été réalisé à propos des investigations concernant la 25-hydroxyvitamine D (25-OHD) et des conséquences thérapeutiques chez des malades atteints d’une maladie rhumatismale suivie en pratique médicale courante, hors du milieu hospitalier, d’avril 2006 à mars 2007.

Les données disponibles ont été analysées séparément au sein de 2 groupes : 1) ostéoporose/ostéopénie documentée (groupe 1) ; 2) pathologie rhumatismale générale, ce groupe 2 étant toutefois divisé en sous-groupes, en fonction du diagnostic. L’hypovitaminose a été définie par des taux plasmatiques <50 mmol/l. Les valeurs ont été comparées à celles recueillies chez des volontaires sains, afin de calculer les z-scores géométriques.

Au total, 263 patients ont été inclus dans l’étude, dont 122 dans le groupe 1, versus 141 dans le groupe 2, la valeur médiane des taux de 25-OHD étant globalement de 44 nmol/l. La comparaison intergroupe a révélé que, dans le groupe 2, les taux de 25-OHD étaient significativement plus faibles que dans le groupe 1, soit une valeur médiane de 39 versus 49 nmol/l (p<0,05). Il en a été de même pour le z-score moyen  de -1,2 dans le groupe 2 et -0,9 dans le groupe 1 (p<0,05). Les taux de 25-OHD se sont avérés plus faibles dans les rhumatismes inflammatoires, mais aussi dans les douleurs chroniques et la fibromyalgie, versus les autres groupes diagnostiques. Les prescriptions ont pu être recueillies chez : 1) 100 malades du groupe 1, qui, ont reçu une supplémentation vitamino-calciques dans 95 % des cas, dont 800 UI de cholécalciférol ; 2) 83 malades du groupe 2, qui ont reçu, dans 91 % des cas du calcium et 800 UI de cholécalciférol. Seuls 31 % des patients, dont les taux de 25-OHD étaient < 50 nmol/l, auraient été identifiés, si les recommandations générales avaient été appliquées aux sujets à « haut risque » d’hypovitaminose D.

Cette enquête transversale, purement descriptive, n’en souligne pas moins la nécessité d’améliorer les recommandations concernant la prise en charge de l’hypovitaminose D chez les patients atteints de diverses affections rhumatismales. La prévalence de ce signe biologique apparaît élevée dans la population étudiée. La supplémentation en cholécalciférol (800 UI) est largement utilisée. Enfin, les taux sériques de 25-OHD semblent être diminués de manière substantielle en cas de rhumatisme inflammatoire ou encore de douleurs chroniques.

Dr Philippe Tellier

Référence
Mouyis M et coll. Hypovitaminosis D among rheumatology outpatients in clinical practice. Rheumatology 2008; 47: 1348-1351.

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