Pas de calcifications coronaires après 70 ans, c’est très bon signe !

Il est plutôt bien admis que les calcifications des artères coronaires sont un marqueur prédictif d’événements coronariens chez les patients à risque modéré.

Une équipe a cherché à savoir si cela reste vrai chez les patients âgés. Ils ont donc suivi pendant près de 6 ans une cohorte de plus de 35 000 patients (n : 35 388 dont 3 570 âgés de 70 ans ou plus ; 50 % de femmes ; suivi moyen : 5, 8 +/- 3 ans). Tous les patients ont bénéficié lors de l’inclusion d’un scanner coronaire avec quantification des calcifications selon la méthode d’Agatson.

Au terme du suivi, 97,9 % des patients étaient encore en vie. Sans surprise, la mortalité toutes causes confondues augmente avec l’âge (risque relatif [RR] par décennie : 1,09 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] : 1,08-1,10 ; p < 0,0001) et elle est moitié plus importante chez les hommes que chez les femmes (RR : 1,53 ; IC : 1,32-1,77 ; p < 0,0001). Les calcifications coronaires sont un marqueur de risque de décès dans toutes les décennies (p < 0,0001).

Chez les quelque 20 000 sujets sans calcifications coronaires, la mortalité annuelle a été de 0,3 % pour les 40-49 ans et de 2,2 % pour les 70 ans ou plus. En revanche, des scores élevés de calcifications coronaires étaient corrélés à une réduction de la survie, et ce d’autant plus que l’âge était avancé. Ainsi, un score de calcifications ≥ 400 chez des hommes de moins de 40 ans a été associé à une survie de 88 % alors qu’un même score chez des hommes de plus de 80 ans a été associé à une survie de 19 % (95 % et 44 % respectivement chez les femmes ; p < 0,0001).

Les auteurs expliquent que l’utilisation des scores de calcifications coronaires leur a permis de reclasser, en terme de niveau de risque calculé, jusqu’à 40 % des patients les plus âgés (≥ 70 ans), le plus souvent dans le sens d’une réduction du risque ; cette baisse de risque concernant des patients ayant un score de calcifications coronaires < 400 alors même qu’ils accumulaient plus de 3 facteurs de risque classiques.

Au delà de 70 ans, plus de la moitié des patients ayant plus de 3 facteurs de risque (56 %) conservaient un score d’Agatson faible (< 400) et avaient en parallèle un taux de mortalité relativement faible.

Cette étude suggère donc que la quantification des calcifications coronaires peut avoir une utilité même chez les patients les plus âgés. Il semble notamment que les patients âgés sans calcifications coronaires aient une relativement bonne espérance de vie et ceci même si ils accumulent les facteurs de risque dits classiques (diabète, insuffisance rénale, tabagisme…etc).

Dr Olivier Meillard

Référence
Raggi P et coll. : Coronary artery calcium to predict all-cause mortality in elderly men and women. J Am Coll Cardiol 2008;52:17-23

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