Les résultats d’une étude sur la chirurgie du cancer du sein, confirmés cinquante ans après

La mastectomie dite élargie (ME), comprend l’ablation du sein et des ganglions axillaires et sous-claviculaires telle que la réalisait l’intervention de Halsted (1894), largement utilisée pendant 60 ans, complétée par l’exérèse des ganglions sus-claviculaires et mammaires internes. La mastectomie simple (MS) se limite à l’ablation de la glande (voire de la tumeur) et est suivie de radiothérapie (RT) en 4 champs (antérieur, postérieur couvrant l’aisselle et le creux sus-claviculaire, pariétal et mammaire interne), délivrant au total 42 Gy en 18 séances (3 semaines).

Initiée au début des années cinquante, la Copenhagen breast cancer randomized study avait pour objectif de comparer les résultats de ces deux approches. Après exclusion des malades non opérables et traitées par d’autres méthodes, (nodules de perméation, cancer inflammatoire, métastases) elle a inclus entre 1951 et 1957, 666 malades qui ont été, par tirage au sort, réparties en deux groupes selon qu’elles devaient avoir une ME ou une  MS suivie de radiothérapie, ces deux groupes étant comparables en termes d’âge moyen, de statut ganglionnaire et ménopausique.

Après retrait des cas finalement non opérables et des malades refusant l’intervention, il est resté 425 femmes, dont 219 dans le groupe MS+RT et 206 dans le groupe ME (parmi celles-ci, 25 n’ont pu avoir qu’une MS+RT, mais ont quand même été classées dans le groupe ME).

Toutes ces  patientes ont été suivies pendant 25 ans, puis, en ce qui concerne la survie jusqu’en 2007, grâce au croisement avec les données du Registre des certificats de décès, en vérifiant la cause de ce dernier.

Les courbes de survie globale, ou de mortalité par cancer sont tout à fait superposables pour les 2 groupes à 10, 30 et 50 ans, quel qu’ait été le traitement, et que l’on considère l’échantillonnage initial des 666 femmes ou seulement les 425 effectivement entrées dans l’étude. Les courbes de survie spécifique sur 25 ans sont également identiques pour les 2 groupes. De même, le taux d’apparition de métastases en 10 ans a été similaire dans le groupe MS+RT (47 %) et dans le groupe ME (46 %) ; il n’en a pas été tout à fait de même pour les récidives locorégionales (22 et 27 % à 10 ans respectivement).

Avec un recul de 50 ans, 660 malades sur 666 sont décédées, (330 dans chaque groupe) dont les 2/3 (216 et 214) de leur cancer du sein, les autres de néoplasmes variés ou de causes cardiaques. Par ailleurs, on a observé sans surprise un meilleur pronostic pour les stades précoces, les tumeurs bien différenciées, et le statut pré-ménopausique. Enfin la survenue de lymphœdème (gros bras) a été plus fréquente après ME (12 %) qu’après MS+RT (4 %).

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Johanssen H et coll. : Extended radical mastectomy versus simple mastectomy followed by radiotherapy in primary breast cancer. A fifty-year follow-up to the Copenhagen breast cancer randomized study. Acta Oncologica 2008;47:633-8.

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