Pronostic similaire pour les cancers du sein lobulaires et canalaires

L’incidence des cancers du sein lobulaires (KSL) infiltrants semble en augmentation : ils représentent environ 12 % des cancers du sein (KS). Ils ont bien des similitudes avec les cancers canalaires (KSC), en termes de siège, taille et stade, mais leur profil biologique est différent avec un grade de Scarff et Bloom  peut-être plus bas dans le KSL, qui est aussi plus souvent multicentrique, voire bilatéral. Les récepteurs œstrogéniques (RO) et progestéroniques (RP) y seraient plus volontiers positifs ; enfin la mammographie de dépistage y aurait une plus faible sensibilité. Quant au pronostic, le but de ce travail est de le comparer à celui des KSC infiltrants.

Les auteurs ont apparié, à partir d’une base de données contenant 1 794 patients, 2 malades atteintes de KSC avec une présentant un KSL, de même âge au diagnostic (tranches de 5 ans) et de même stade TNM (en excluant les stades IV).

Deux cent onze KSL ont ainsi été comparés avec 422 KSC de même stade. Il n’a pas été mis en évidence de différence entre les statuts ménopausiques, les RP, ni les récepteurs à l’HER-2. En revanche, il y avait davantage de RO + dans les KSL (59 %) que dans les KSC (48 %) et plus de grades 1 de Scarff et Bloom (14 % vs 8 %).

La survie globale, tant en analyse uni que multivariée, a été similaire chez les 633 malades, et les paramètres de taille, grade, statut ganglionnaire, RO, gardent toute leur signification indépendamment de l’histologie. Les RO+, plus souvent rencontrés dans les KSL, ne sont pas associés à une amélioration de la survie. En revanche, la survie à 10 ans des malades RO+ est supérieure en cas de KSC plutôt que de KSL (80 vs 68 %). A contrario, la survie des RO- est meilleure pour les KSL que les KSC. (80 vs 50 % à 10 ans).

La survie sans récidive (intervalle entre la pose du diagnostic et la récidive ou la mort) a été comparable dans les deux types de KS., sans interaction entre les cofacteurs et le type histologique.

Au total, s’il y a une différence de pronostic entre ces deux types les plus fréquents de cancer du sein, elle est liée aux récepteurs œstrogéniques.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Mhuircheartaigh JN et coll. : Prospective matched-pair comparison of outcome after treatment for lobular and ductal breast carcinoma. Brit J Surg., 2008;95:827-33.

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