Trop de fer dans le cerveau

L’imagerie a longtemps été le parent pauvre des examens complémentaires dans la maladie de Parkinson (MP). Dans cette pathologie, le scanner et l’IRM sont normaux. La scintigraphie (DAT scan) et le PET scan (18 FluoroDOPA) sont des examens très intéressants mais malheureusement onéreux et ne doivent pas être utilisés dans la pratique quotidienne. Plus récemment l’échographie crânienne s’est avérée être un type d’exploration intéressant. Dans cette affection, il existe en effet une augmentation de  concentration en fer et une perte  neuronale dans la  substance noire. Cette particularité explique l’hyperéchogénicité observée en échographie. Cet examen nécessite un certain degré d’expertise et ne peut pas être réalisé chez tous les patients pour des raisons techniques.
L’IRM en théorie est un examen pouvant permettre la  quantification du contenu ferrique. Mais les premières études ont eu des difficultés à explorer une petite structure comme la substance noire. Des progrès techniques (nouvelle méthode d’IRM à haut champ de 3 Tesla) ont permis récemment à une équipe canadienne de vaincre cet obstacle. Ils ont en particulier développé une nouvelle séquence en multiples échos de gradient permettant de calculer le taux de relaxation R2* sur des régions précises du tronc cérébral et du diencéphale.

Treize témoins appariés en âge et en sexe et 36 patients parkinsoniens débutants  ont été inclus dans une étude destinée à évaluer l’intérêt de cette technique et publiée récemment dans Neurology. Il existait une différence significative (p <0,005) de la valeur R2* entre les témoins et les parkinsoniens uniquement au niveau de la substance noire compacta. Le R2* était corrélé au score parkinsonien (UPDRS) moteur controlatéral. Les auteurs considèrent que les valeurs plus faibles de R2*observées dans leur étude par rapport à celles signalées dans certains travaux peuvent s’expliquer par le stade peu évolué des patients inclus. Ils rappellent les difficultés de repérage de  la substance noire en IRM. 

En conclusion, la valeur R2* de la substance noire est augmentée précocement dans la maladie de Parkinson et semble corrélée à la sévérité de l’atteinte motrice. Cette technique d’imagerie a-t-elle un avenir ? Dans la maladie de Parkinson, elle pourrait être particulièrement intéressante  comme biomarqueur de la dégénérescence de la substance noire si la valeur R2* de la substance noire progressait avec la maladie. Cette technique est actuellement testée dans d’autres pathologies des noyaux gris centraux. Affaire à suivre.

Dr Christian Geny

Référence
Martin WR : Midbrain iron content in early Parkinson disease. A potential biomarker of disease status. Neurology 2008;70:1411-7.

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