Praticiens hospitaliers : la grève pour les retraites cache un malaise plus général

Paris, le jeudi 16 octobre 2008 – Le régime de retraites complémentaire des assurances sociales en faveur des agents non titulaires de l’Etat et des collectivités publiques (IRCANTEC) ne connaît pas encore la crise : les prévisions indiquent que ce dispositif ne sera déficitaire qu’à partir de 2015. Mais jugeant qu’il était nécessaire de prévenir plutôt que de guérir, le gouvernement a choisi de procéder à la réforme du système dès aujourd’hui. Bien mal lui en pris, si l’on en juge par la colère des praticiens hospitaliers, qui sont les premiers concernés, l’IRCANTEC assurant 60 % des pensions des médecins hospitaliers. Au début du mois d’octobre, plusieurs syndicats avaient déjà sonné l’alarme en indiquant que le nouveau dispositif équivalait à une « baisse de 30 % à terme de nos retraites ». Le ministre de la Santé accepta alors de revoir sa copie et débloqua une enveloppe budgétaire de 80 millions d’euros destinée à « compenser la baisse progressive du rendement du régime de retraite complémentaire ». Las, ce petit coup de pouce a été jugé insuffisant par deux syndicats de praticiens hospitaliers sur quatre : la Confédération des praticiens hospitaliers (CPH) et l’Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (INPH). « Toutes les études montrent que pour les praticiens entrant dans la carrière après la réforme, la baisse des pensions IRCANTEC sera d’environ 30 % et l’addition des mesures compensatoires ne dépassera pas 15 % pour la majorité des praticiens et pourra même s’avérer beaucoup plus faible pour ceux qui ne conjuguent pas primes et astreintes fréquentes » analyse un communiqué de presse du 14 octobre signé par les deux organisations. Aussi le mot d’ordre de grève des soins a été maintenu pour ce jeudi 16 et ce vendredi 17 octobre. Si la question des retraites a été l’aiguillon propre à faire éclater la colère des praticiens, nul doute que l’élaboration de la loi HPST, qui prépare un changement de statut des PH a fortement contribué à la poursuite du mouvement, comme le confirment les dernières phrases du communiqué : « Cet affichage de mobilisation et de fermeté sera également un signal fort pour les prochaines semaines, lors du parcours parlementaire et des derniers arbitrages pour la loi HPST ».

A.H.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Grève de praticiens hospitaliers

    Le 17 octobre 2008

    L'analyse fournie dans l'article, pour lapidaire qu'elle soit, est globalement correcte. Toutefois il importe de préciser que "les 2 intersyndicats sur 4" qui refusent la réforme actuelle représentent 80 % des praticiens. Ce refus massif est confirmé par la très importante mobilisation de ces 2 jours, une situation rarissime pour les médecins hospitaliers.
    Reste que le malaise général est réel et que la perception générale des réformes en cours est qu'elles participent de la casse programmée de l'hôpital public. Qui peut profiter de cette politique ?

    Dr Alain Rochette, Montpellier

Réagir à cet article