Prévention et prise en charge du diabète : la France dans le trio de tête européen

Paris, le lundi 20 octobre 2008 – Il est rappelé depuis plusieurs années que le diabète tend aujourd’hui à devenir l’un des principaux enjeux de santé publique des pays occidentaux. En Europe, on estime ainsi qu’entre 3,5 et 4 % de la population souffre de diabète, cette proportion atteignant 6 % dans certains pays. La progression de l’obésité et de la sédentarité devraient conforter cette tendance. Face à cette situation, l’association Health Consumer Powerhouse (HCP) a entrepris d’évaluer la qualité et l’efficacité de la prévention et de la prise en charge du diabète dans 29 pays situés sur le continent européen. Pour se faire, elle a défini vingt-six critères dans cinq catégories : l’information des patients, le remboursement des soins, la prévention, la surveillance et prise en charge et les résultats. A chaque item est associé un nombre de points, avec un maximum possible de 1 000 points ! Cette évaluation, récemment publiée, place la France en troisième position avec un total de 814 points. Les points forts de notre pays concerneraient, selon les observateurs de l’association britannique, le dépistage et la prévention. Beatriz Cebolla Garrofé, directrice du projet souligne à titre d’exemple : « A la différence de nombreux autres pays, un grand effort est porté sur la prévention des complications du pied et les soins du pied ». Au titre des améliorations souhaitables dans l’hexagone, Johan Hjertqvist, président d’HCP suggère la mise en place d’un registre du diabète et une lutte plus active contre les discriminations qui entravent l’accès au crédit et à l’emploi des personnes diabétiques. Les résultats français restent cependant particulièrement encourageants et peu éloignés des deux vainqueurs de cette évaluation : le Danemark (837 points) et la Grande-Bretagne (836 points).

Libertés et informations optimales au Danemark

L’observation plus détaillée des résultats montre qu’en matière d’information des patients, c’est le Danemark qui se distingue le plus certainement. Le pays possède un registre du diabète, l’information sur la maladie et les soins est jugée très bonne, le droit des patients de consulter le praticien de leur choix (sur le territoire national comme en Europe) est parfaitement respecté. Seule la participation des associations de patients aux programmes de santé publique pourrait être améliorée. Ces différents points ne sont a contrario pas le fort de la France qui non seulement ne dispose pas de registre dédié aux diabètes et qui en outre ne permet pas réellement aux patients d’accéder librement aux soins dans un autre pays européen. On observera en outre que Chypre, la Pologne et le Portugal sont face à ces critères de très mauvais élèves.

La France ne manque pas de « générosité »

Si concernant « l’information », la France ne brille pas parmi les meilleurs élèves, elle s’illustre plus certainement par sa générosité. Elle obtient dans cette catégorie le score maximum de 150 puisqu’elle assure le remboursement des traitements, qu’elle propose des chaussures spécialement adaptées aux diabétiques et que la podologie y est développée. C’est également le cas au Danemark, en Allemagne, en Suisse et en Grande-Bretagne, alors que la Pologne est le pays qui apparaît le moins « généreux » face aux diabètes.

Il faudrait que les Français fassent du sport !

C’est dans le domaine de la prévention, que l’on retrouve le plus grand nombre d’indicateurs. La lutte contre l’obésité, la promotion de l’activité physique à l’école, la pratique du sport, l’aide au sevrage tabagique, la prise en charge de l’hypertension et le contrôle de la tension artérielle, l’évaluation de la cholestérolémie et celle du taux de glycémie ont été considérés par HCP comme des critères essentiels dans le domaine de la prévention. Il apparaît que le seul domaine dans lequel les 29 pays évalués ne font pas défaut est celui de l’évaluation régulière de la pression artérielle. Face aux autres impératifs, de nombreuses disparités s’observent. C’est la Belgique qui se montre l’élève la plus douée, suivie de près par la France, qui pêche cependant par le manque d’activité physique de nos concitoyens adultes et qui pourrait encore améliorer l’assistance au sevrage tabagique et la prise en charge de l’hypertension. C’est en Bulgarie et en République Tchèque que la prévention apparaît la moins développée.

Bulgarie, Portugal, Roumanie, Slovaquie : les mauvais élèves

Dans quels pays la prise en charge et la surveillance du diabète apparaissent les meilleures ? C’est selon l’association HCP en Belgique, aux Pays Bas et en Grande-Bretagne : dans ces trois pays il existe un parfait bilan ophtalmologique, un bon contrôle des fonctions rénales, une évaluation sans faille des taux de HbA1c et une surveillance satisfaisante de l’état des pieds des diabétiques. Par ailleurs, contrairement à la France et c’est ce qui lui manque pour exceller, la prise en charge des complications des pieds des diabétiques est dans ces trois premiers pays reconnue comme une sous spécialité et il existe des infirmières spécialisées dans la prise en charge du diabète. A l’inverse, en Bulgarie, au Portugal, en Roumanie et en Slovaquie, la prise en charge des diabétiques est fortement négligée.

Résultats parfaits en Grande-Bretagne

Enfin, si l’on observe les résultats (mortalité des diabétiques, prévalence des complications rénales, amputation, proportion de patients ayant un taux d’HbA1c inférieur à 7 %) c’est en Grande-Bretagne qu’ils sont les plus satisfaisants : tous les indicateurs sont au vert. En France, si la faible prévalence des complications rénales est saluée, les autres indicateurs n’obtiennent que des résultats moyens. Enfin, en Autriche, à Chypre et à Malte, les résultats sont très inquiétants ou méconnus. Chypre fait d’ailleurs partie des trois pays connaissant les résultats généraux les plus mauvais, à l’instar du Portugal et de la Bulgarie dernière du classement.

 

Pour voir le tableau complet des résultats : cliquez ici

A.H.

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