Impotence fonctionnelle tardive de l’épaule après chirurgie du cancer du sein

Depuis la généralisation de la recherche du ganglion sentinelle, le curage axillaire (CA) est devenu plus rare dans le cancer du sein (KS), mais, lorsqu’il est pratiqué, et associé à une radiothérapie (RT), il est soupçonné d’entraîner des séquelles scapulaires tardives.

Entre janvier et juin 1999, 132 malades opérées pour KS entre 1994 et 1998 (recul moyen de 3 ans) ont été étudiées ; l’inclusion supposait l’absence de récidives et d’atteinte scapulaire préopératoire. Parmi elles, 89 (67 %) avaient subi une mastectomie radicale (MR) et 43 une chirurgie conservatrice du sein (CCS), associée à un CA et éventuellement suivie d’une RT (58 Gy). Au total, on distingue trois groupes : G1 : MR +RT, (22 malades) ; G2 : MR isolée (67 malades) ; G3 : CCS systématiquement suivie de RT (43 malades, avec irradiations de l’aisselle dans 2 cas). Il y avait 53 envahissements axillaires : 31 % des femmes étaient concernées dans les G2 et G3, vs 86 % (19/22) des G1.

Les malades ont dû répondre à un questionnaire évaluant leur gêne fonctionnelle scapulaire, tant subjective, (douleurs, possibilité d’effectuer les tâches quotidiennes, mais aussi sportives ou ludiques), qu’objective (limitation des mouvements, force musculaire), permettant de classer l’invalidité de 0 à 100 points, et la comparant au côté opposé, et en tenant compte de la latéralité.

A court terme, les scores moyens étaient comparables dans les groupes G2 et G3 (78 et 81), et étaient plus sévères dans le G1 (71), mais dans tous les cas il y avait une altération de la force musculaire du côté opéré par rapport à l’autre. La limitation des mouvements (surtout abduction et antépulsion) a été observée chez 35 % des opérées, et même 65 % dans le G1, mais seulement 17 % dans le G3.

A long terme, 69 femmes (52 %) se plaignent encore de symptômes pluri-hebdomadaires, essentiellement de douleurs du cou, de l’épaule et du bras, ou au niveau de la cicatrice ; le taux de plaintes est de loin le plus élevé dans le G1, encore plus si la mobilité est limitée.
Ainsi, les troubles fonctionnels scapulaires grèvent lourdement le devenir des femmes opérées de cancer du sein (35 %), les femmes ayant subi mastectomie avec radiothérapie et curage axillaire payant le plus lourd tribut à ce type de séquelles.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Lauridsen MC et coll. : Shoulder disability and late symptoms following surgery for early breast cancer. Acta Oncologica 2008;47:569-75.

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