Curage axillaire : colle biologique et patch de collagène pour prévenir le risque de lymphocèle ?

Malgré la diffusion de la technique du ganglion sentinelle, le curage axillaire (CA) a encore bien des indications dans le cancer du sein (KS) : gros ganglion palpable, tumeur > 3 cm, et il est fréquemment grevé de complications, dont la plus grave est le gros bras, mais la plus fréquente le lymphocèle. Plusieurs procédés ont été proposés pour prévenir cet épanchement : drainages aspiratifs (dont la durée et même le principe sont controversés), compression externe, capitonnage, colles. Une équipe italienne a évalué l’efficacité dans ce cadre d’une combinaison de colle de fibrine et de pansements au collagène.

Pour ce faire, ils ont enrôlé 50 malades (âge moyen 55 ans), dont le bilan de coagulation était normal, et qui n’étaient ni allergiques à l’aprotinine d’origine bovine, ni diabétiques, ni insuffisantes hépatiques, ni obèses et dont l’aisselle n’avait pas été explorée (chirurgicalement). Toutes, porteuses d’un KS avec envahissement axillaire, ont subi un CA au cours d’une quadrantectomie ou mastectomie. Le tirage au sort a séparé 2 groupes (même proportion dans chacun de quadrantectomies et de mastectomies) de 25 femmes ; un drainage aspiratif a été institué chez toutes, mais il résumait la prévention dans le groupe GNC, alors que les 25 femmes du groupe GCC recevaient en outre de la colle, contenant fibrinogène, fibronectine et aprotinine, pulvérisée (au moyen de deux embouts vaporisateurs) sur les sites d’exérèse mammaire et axillaire, et un patch de collagène, appliqué par compression manuelle pendant 3 mn, suivie d’un pansement compressif pendant 24 à 72 h. Dans les 2 groupes, la sortie a été autorisée quand le volume drainé, < 100 ml/j, autorisait l’ablation du drain, c’est à dire à J4 en général. A J7, les femmes ont été reconvoquées pour une recherche clinique et échographique de lymphocèle, suivie éventuellement de ponction.

L’importance du lymphocèle n’a pas été corrélée au nombre de ganglions enlevés. En revanche, le volume drainé s’est avéré significativement inférieur dans le GCC (150 ml)  par rapport au GNC (240 ml), entraînant un moindre besoin de ponctions (2 vs 4) et une guérison plus rapide (11 vs16 j). Quant aux complications (cellulites ou désunion), il y en a eu 4 dans le GGG et 5 dans le GNC.

La colle de fibrine associée au collagène ne prévient pas l’apparition de lymphocèles, mais en réduit l’importance et la durée, ainsi que le nombre de ponctions évacuatrices nécessaires.

Dr Jean-Fred Warlin

Références
Ruggiero R et coll. : Effectiveness of fibrin glue in conjunction with collagen patches to reduce seroma formation after axillary lymphadenectomy for breast cancer.
Amer J Surg., 2008;196:170-4.

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