Une grève des urgences qui ressemble finalement à toutes les autres

Paris, le mardi 2 décembre 2008 – Ce devait être un mouvement d’un nouveau genre qui devait débuter ce 1er décembre chez les urgentistes répondant à l’appel de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF). Arguant que les praticiens auraient au 1er décembre réalisé pour la plupart le nombre d’heures dues pour l’ensemble du dernier quadrimestre de 2008, l’organisation semblait appeler à un refus des réquisitions et à une véritable cessation du travail. Cet appel ne manqua pas d’être dénoncé par plusieurs instances de la Direction de l’hospitalisation des soins (DHOS) à l’Ordre des médecins en passant par certains membres de MG France. Très vite, le président de l’organisation, Patrick Pelloux confirma qu’il n’était pas réellement question pour les urgentistes d’abandonner leur poste le 1er décembre au matin. Qu’il s’agisse d’un recul face à la levée de boucliers ou que l’appel n’ait été qu’un simple effet d’annonce destiné à attirer l’attention médiatique, le mouvement a débuté ce 1er décembre, sans différence avec les grèves précédentes et notamment avec ses inévitables différences d’appréciation quant au taux de participation. Le ministère de la Santé affirme ainsi que seuls 6 % des médecins urgentistes avaient répondu à l’appel, tandis que l’AMUF recensait entre 50 et 75 % de grévistes.

Moratoire

Outre un paiement des heures supplémentaires effectuées par la quasi-totalité des praticiens urgentistes, l’AMUF demande un « moratoire sur les fermetures de services d’urgence ou de Samu ». A cette revendication, le ministère rétorque que les réorganisations sont le fait de décisions locales et que d’une façon globale le nombre de structures d’urgences reste inchangé depuis quatre ans. Le mouvement des urgentistes est également destiné à évoquer le malaise qui étreint aujourd’hui l’ensemble des personnels hospitaliers, à l’heure où des suppressions d’emplois semblent se profiler. Le porte-parole de l’AMUF, Christophe Prudhomme assure ainsi que « 20 000 emplois en moins » sont à prévoir d’ici la fin de l’année. « A Nantes et au Havre par exemple, il y a des bureaux de reclassements qui ont été ouverts dans les hôpitaux pour proposer des départs volontaires aux salariés ».

A.H.

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