Radiothérapie peropératoire focalisée à haute dose dans le cancer du sein

La chirurgie conservatrice du sein suivie par une radiothérapie (RT) bien ciblée, a fait la preuve, dans le cancer du sein (KS) d’une efficacité oncologique similaire à celle de la mastectomie. De plus on cherche à ce que cette RT elle-même soit plus réduite dans l’espace et le temps, en ne ciblant que le seul quadrant porteur du KS, et en délivrant toute la dose en une fois. Ceci épargne à la fois la malade (moins d’angoisse, de déplacements, d’effets collatéraux) et les finances publiques.  Une équipe du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center (New york) décrit notamment son expérience avec une  irradiation peropératoire à haute dose (phase II).

Entre 2002 et 2006, 52 femmes de plus de 60 ans, porteuses de KS canalaire infiltrant, avec une tumeur unique < 2 cm, et sans adénopathies axillaires, ont été sélectionnées pour cet essai.

Après vérification en histologie extemporanée de l’intégrité des berges opératoires, un écarteur quadrangulaire était utilisé pour obtenir une rétraction homogène de la peau, afin d’éviter au maximum sa nécrose ; l’iridium Ir192 était ensuite déposé dans le lit tumoral devant le grand pectoral à l’aide d’un applicateur en silicone. Les courbes isodoses optimales étaient calculées par un ordinateur. Pendant la durée de l’irradiation (30 à 40 mn), le personnel soignant évacuait le bloc opératoire (plombé) et la malade était surveillée par l’anesthésiste de l’extérieur au moyen d’appareils télécommandés. La plaie opératoire était refermée secondairement selon la technique habituelle. Les malades ont été suivies au moins un an, à la fois sur les résultats esthétiques et sur la toxicité radique précoce et tardive.

Toutes les femmes on eu une recherche de ganglion sentinelle, dont la positivité a entraîné deux fois un curage axillaire. Il n’y a eu aucun cas de berges envahies, mais 3 réinterventions pour problèmes cutanés ou infectieux (débridement, drainage).

Les 52 malades ont été victimes de 62 complications précoces au total dont les plus fréquentes ont été l’apparition d’un érythème ou d’une desquamation cutanés et celle d’un épanchement séreux sous la peau.

Les complications tardives ont consisté surtout en séromes, infections et douleurs. A un an, sur le plan esthétique, les principales plaintes provenaient de rétractions, d’asymétrie, ou de phénomènes de peau d’orange, moins marqués avec la dose de 18 Gy qu’avec les 20 Gy utilisés initialement.

Le taux attendu dans cette population de récidives ou métastases à 3 ans était faible (1,5 %), mais on n’en a observé aucune.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Sacchini V et coll. : Study of quadrant high-dose intraoperative radiation therapy for early stage breast cancer. Brit J Surg., 2008;95:1105-10.

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