Quelle place pour la ventilation non invasive en réanimation pédiatrique ?

Contrairement à la réanimation adulte et en néonatologie, où la ventilation non invasive (VNI) a fait la preuve de son efficacité, la place et les caractéristiques de la VNI ont été peu étudiées en réanimation pédiatrique.

Une équipe espagnole a réalisé une étude prospective, observationnelle dans un service de réanimation pédiatrique de huit lits, pendant une durée de quatre ans. Tous les patients traités par VNI ont été inclus dans l’étude. L’objectif principal était l’identification des facteurs prédictifs d’échec de la VNI, celui-ci étant défini par le recours à l’intubation trachéale. L’objectif secondaire était l’évaluation des caractéristiques de la VNI dans cette population. L’insuffisance respiratoire a été classé en deux types, type 1 avec hypoxie, sans hypercapnie, et opacités pulmonaires ; type 2, avec hypoxie modérée ou absente, hypercapnie, et sans images pulmonaires.

Cent seize cas d’utilisation de la VNI ont été analysés. L’âge médian des enfants était de 10,3 ans (0,6-16,9). La VNI a été appliquée grâce à un masque facial dans 89 cas, nasal dans 27 cas. Afin d’améliorer la synchronisation patient-ventilateur, une sédation par midazolam a été utilisée dans 52 % des cas. Des complications, majoritairement cutanées, ont été documentées dans 20 % des cas, complications à évolution le plus souvent favorable. Le taux de succès de la VNI a été de 84 %. Les principales indications de la VNI ont été les maladies neuromusculaires, les états d’immunodépression, les états de mal asthmatiques, les bronchiolites, et les pneumonies. L’étude multivariée a révélé que les facteurs prédictifs indépendants d’échec de la VNI étaient l’insuffisance respiratoire de type 1, un score de gravité élevé (Score PRISM) et une absence de baisse de la fréquence respiratoire lors les premières heures d’application de la VNI.

Le caractère monocentrique de l’étude et son type observationnel avec l’absence de groupe contrôle incitent à la prudence quant à l’interprétation de ses conclusions. Ses points forts sont le caractère prospectif, la durée sur quatre ans et le nombre important de patients inclus.

Cette étude montre que la VNI sur une large population de patients pédiatriques a été efficace dans 84% des cas. Les facteurs prédictifs d’échec ont été l’insuffisance respiratoire de type 1, un score de gravité élevé, et l’absence de baisse de la fréquence respiratoire lors des premières heures de mise en place de la VNI.

Dr Karim CHADDA

Référence
Mayordomo-Colunga J et coll. : Predictive factors of non invasive ventilation failure in critically ill children: a prospective epidemiological study. Intensive Care Medicine 2008; 34. . Publication avancée en ligne le 4 novembre.

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