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Déclin cognitif et diabète de type 2 : la microalbuminurie est impliquée

Publié le 18/12/2008 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Plusieurs études ont retrouvé une association entre l’existence d’un diabète de type 2 et une augmentation du risque de déclin cognitif. Plusieurs mécanismes physiopathologiques sont susceptibles d’expliquer cette association.

L’objectif de cette étude longitudinale était d’évaluer le caractère pronostique des facteurs de risque cardiovasculaires sur le déclin cognitif des patients ayant un diabète de type 2.

Deux évaluations des fonctions cognitives ont été réalisées à 18 mois d’intervalle par l’échelle CDR (clinical dementia rating) chez 205 patients âgés de 75,3 ans en moyenne initialement. Ces patients faisaient partie d’une cohorte de suivi consacrée aux facteurs de risque cardiovasculaire et on disposait des données à l’inclusion 7,6 +/-1,1 années auparavant.

La première évaluation a montré que 164 patients n’avaient pas de déclin cognitif et que 41 avaient une atteinte intermédiaire sans aucun cas de démence. Lors du suivi 16 % des sujets se sont dégradés avec apparition de 4 cas de démence et de 29 cas d’atteinte intermédiaire. Le seul facteur significativement prédictif du déclin cognitif, 7,6 ans auparavant, était le niveau d’étude (p < 0,001). La prévalence de la microalbuminurie ne différait pas significativement (30 % versus 39 %). Les facteurs prédictifs du déclin cognitif à 18 mois étaient l’âge, le niveau d’étude, le ratio albumine sur créatinine urinaire et le traitement par inhibiteurs du système rénine-angiotensine. Après prise  en compte de l’âge et du niveau d’études, le déclin cognitif  restait significativement associé à une élévation du ratio albumine sur créatinine urinaire et le traitement par inhibiteurs du système rénine-angiotensine était protecteur. La microalbuminurie est associée au risque d’AVC et à l’ischémie des petits vaisseaux cérébraux, aussi l’association entre la microalbuminurie et le déclin cognitif pourrait-elle s’expliquer par un mécanisme vasculaire. La dysfonction endothéliale et l’inflammation chronique de bas grade peuvent également été impliquées.

Cette étude met en évidence une association entre la microalbuminurie et le déclin cognitif chez les patients âgés diabétiques de type 2. La confirmation du rôle protecteur des inhibiteurs du système rénine-angiotensine sur le déclin cognitif dans ce contexte aurait une forte implication clinique.



Dr Laurence Du Pasquier


Bruce DG et coll. : Predictors of cognitive decline in older individuals with diabetes. Diabetes Care 2008 ; 31 : 2103-2107.




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