Entorses de la cheville chez l’enfant à la lumière de l’IRM

L’entorse de la cheville existe bel et bien chez l‘enfant. Une étude permet de l’affirmer. Elle a été réalisée chez 116 enfants consultant pour un traumatisme de la cheville sans fracture radiologiquement visible. Et pourrait bien tordre le cou à la théorie de l’inexistence de lésions ligamentaires de la cheville chez l’enfant.

Peu de travaux sont consacrés exclusivement à ce sujet et le manque de compréhension du mécanisme anatomique des éventuelles lésions ligamentaires a laissé le champ libre à toutes les hypothèses.

Cette lacune peut s’expliquer en partie par le fait que le bilan lésionnel ne fait pas systématiquement appel à l’imagerie. La validation des critères d’Ottawa pour l’entorse de l’enfant a entraîné une diminution des prescriptions de radiographies. D’autres examens ont toutefois été proposés, mais la radiographie en stress ou l’arthrographie, examens douloureux pour le premier, invasif pour le second, paraissent peu adaptés à la relative bénignité de la pathologie. L’échographie n’a pas ces défauts, mais l’œdème, la douleur et la mobilité articulaire restreinte rendent l’examen techniquement difficile à la phase aiguë.

Cent-seize enfants à la phase aiguë d’une entorse de la cheville et dont les radiographies ne montraient pas de fracture, ont donc été soumis à une IRM dans un protocole d’étude.

L’IRM a permis d’objectiver de réelles lésions ligamentaires. Cinq jeunes patients présentaient au moins une rupture ligamentaire, dont 3 avaient un cartilage de croissance tibial distal fermé. Vingt autres patients présentaient des lésions ligamentaires mineures. Sept fractures non radiologiquement visibles ont été visualisées, ainsi que 42 lésions osseuses mineures de type contusions.

Il n’est pas question, bien entendu, de proposer une IRM à tous les enfants consultant pour une entorse de la cheville. Les auteurs ont donc tenté de repérer les signes cliniques qui seraient corrélés à un risque plus élevé de lésion ligamentaire ou osseuse. Ils constatent que l’IRM objective plus souvent des lésions chez l’enfant de sexe masculin, présentant une douleur de la région latérale de la cheville et un œdème, mais admettent que cette constatation n’a que peu d’intérêt en pratique clinique.

Différentes opinions s’affrontent sur ce thème de l’entorse de la cheville chez l’enfant, dont rend compte la diversité des prises en charges. Si l’immobilisation semble la conduite la plus appropriée, elle est toutefois souvent appliquée de manière empirique, et il ne fait pas de doute qu’une meilleure connaissance des mécanismes et un cadre nosologique mieux défini permettraient une plus grande cohérence des attitudes thérapeutiques.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Launay F et coll. : Traumatismes de la cheville sans fracture chez l’enfant. Étude prospective par résonance magnétique de 116 patients. Revue de Chirurgie Orthopédique 2008 ; 94 (5) : 427-33

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