Exclusif : les lecteurs du Jim sont partagés sur le dépistage du Sida sans intervention d’un professionnel de santé

Paris, le mardi 30 décembre 2008 – Une synthèse de l’Institut national de veille sanitaire dédiée à la prévalence du Sida chez les homosexuels en France en 2005 révélait qu’un « homosexuel sur cinq découvre sa séropositivité au moment d’une primo-infection. Cette proportion élevée suggère un recours précoce au dépistage chez les homosexuels exposés au risque d’infection. (…) Le test d’infection récente montre que la moitié (51 %) des homosexuels découvrant leur séropositivité ont été infectés récemment (dans les 6 mois précédant le diagnostic). (…) Les homosexuels ayant un recours au dépistage du VIH plus fréquent que les autres populations exposées, leur probabilité d’être dépistés rapidement après leur contamination est également plus élevée ». Cependant, l’INVS observait également qu’une « part non négligeable (11 %) des homosexuels découvrent leur séropositivité tardivement, au stade Sida. Cette proportion augmente avec l’âge : de 1 % chez les 25-29 ans, elle atteint 31 % chez les 50 ans et plus ». Par ailleurs, elle observait que la découverte de la séropositivité peu après l’infection chez 51 % des patients confirmait une reprise des comportements à risque. Enfin, il était rappelé que les homosexuels représentent 26 % des cas de Sida. Ces différentes tendances semblaient conforter la nécessité d’une diversification des stratégies de dépistage, afin non seulement de diminuer le nombre d’homosexuels découvrant leur séropositivité trop tardivement, mais aussi d’améliorer la connaissance du statut sérologique de patients présentant un risque important. 

Une expérience pilote

Dans cette perspective, la possibilité pour les associations de malades proches des milieux homosexuels de pouvoir réaliser elles-mêmes et sans l’intervention d’un médecin des tests de dépistage rapide a été longtemps une revendication défendue par certains militants. En novembre dernier, celle-ci a enfin été entendue puisque a été lancée une étude destinée « à évaluer la faisabilité d’une offre de dépistage communautaire non médicalisée par un test rapide auprès des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes ». En pratique le test est depuis quelques semaines proposé dans les locaux de l’association AIDES dans plusieurs villes de France par des membres de l’organisation. Le test est réalisé sur place et les résultats sont communiqués par les membres de l’association.

Egalité parfaite

Cette expérience a été rendue possible par la mise au point de tests de dépistage rapide pouvant être utilisés par des personnes qui ne sont pas nécessairement des professionnels de santé, mais aussi, pourrait-on croire, par une meilleure acceptation de ce mode de dépistage par les professionnels de santé eux-mêmes. Le lancement de l’expérience actuelle ne signifie pourtant pas que se soient effacées toutes les réticences. Notre sondage réalisé du 10 au 29 décembre révèle en effet que l’opinion des professionnels de santé reste parfaitement partagée sur cette question. Estimant que les médecins et les infirmières sont aujourd’hui les seuls à avoir reçu la formation adaptée pour annoncer une sérologie positive et surtout pour expliquer le traitement de la maladie, 49 % de nos lecteurs se sont déclarés défavorables à un dépistage du Sida par test rapide en milieu associatif. De leur côté, se souvenant que lorsque le test est réalisé en dehors d’un centre de dépistage, les résultats sont communiqués par courrier sans explications médicales supplémentaires et qu’une association est un lieu d’accueil propre à inciter les plus méfiants et les plus inquiets au dépistage, 49 % de nos lecteurs ont pour leur part manifesté leur adhésion à une telle expérience. Enfin, incertains quant aux conséquences d’un tel dispositif, 2 % de professionnels de santé n’ont pu se prononcer définitivement sur cette question.

A.H.

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