Paris, le mercredi 7 janvier 2008 – La pharmacie est une
profession fortement féminisée en France. En 2005, deux tiers des
diplômés des facultés de pharmacie étaient des jeunes femmes et
l’on comptait 65 % de femmes chez les pharmaciens, contre déjà 55 %
en 1980. Celles que l’on appelle parfois les pharmaciennes (ce
terme désignant en effet encore souvent l’épouse du pharmacien !)
sont pourtant encore rares sur les bancs des prestigieuses
instances représentant la profession. Monique Adolphe a depuis
longtemps fait figure d’exception. Cette chercheuse en
pharmacotoxicologie cellulaire, née en 1932 est en effet entrée en
1981 à l’Académie nationale de pharmacie, avant de réitérer cet
exploit vingt ans plus tard en devenant en 2001 la première femme
pharmacien élue membre titulaire de l’Académie de médecine, où la
gente féminine est également très faiblement représentée (tout
comme les pharmaciens !). Cette reconnaissance est liée à
l’importance des travaux de Monique Adolphe qui fut l’une des
pionnières de la culture cellulaire in vitro. Toujours fidèle à cet
esprit d’innovation et tout en même temps très soucieuse des
dimensions éthiques associées à tous progrès scientifiques, en
devenant la première femme présidente de l’Académie de pharmacie ce
5 janvier 2008, Monique Adolphe a indiqué que l’une de ses
premières actions serait de créer une commission d’éthique dédiée
aux « avancées technologiques pharmaceutiques ». Monique Adolphe
succède à une longue série d’hommes à la tête de la vénérable
institution née en 1803 et dont le premier président, un certain
Antoine-Augustin Parmentier, fut plus connu pour sa vulgarisation
de la pomme de terre que pour ses travaux pharmaceutiques !
A.H.
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