Traitement percutané au bistouri à micro-ondes des petits cancers du rein

Le cancer du rein (KR) est de plus en plus souvent découvert fortuitement sur un scanner, et il s’agit alors fréquemment de petites lésions.

Dans cette indication, le dogme de la néphrectomie totale élargie s’est effrité et une chirurgie conservatrice du rein est devenue la règle. Mais la néphrectomie partielle, difficile sous cœlioscopie, expose à une perte de sang importante et à des fistules urinaires. Le taux de complications est très diminué en utilisant l’hyperfréquence sous contrôle échographique ; celle-ci, réalisable en percutané, peut aussi être proposée à des malades dont l’état général précaire empêche d’envisager la chirurgie.

Le bistouri à micro-ondes, testé avec succès dans le carcinome hépatocellulaire, n’avait pas encore été employé dans le KR. Une équipe chinoise a traité 12 patients (7 hommes) porteurs d’un KR périphérique et unique dûment documenté par la biopsie, et dont la taille variait de 1,3 à 3,8 cm. Ces malades, âgés de 35 à 80 ans, à fonction rénale normale (sauf un), n’ont reçu aucun autre traitement. Sous anesthésie locale potentialisée par voie IV, une aiguille-antenne, préalablement refroidie (propulsion d’eau distillée par une pompe dans 2 canaux réfrigérants), et reliée à un générateur de micro-ondes a été positionnée dans la tumeur repérée sous échographie. Pour les tumeurs de plus de 2 cm, deux antennes ont été utilisées. Le principe est basé sur l’énergie thermique produite par les micro-ondes qui, conduite par l’aiguille, entraîne un échauffement et une nécrose des tissus tumoraux. Un thermocouple, distant de 5 mm de la tumeur, permettait de surveiller en permanence en temps réel aussi bien le rayonnement que l’absorption thermiques. L’énergie émise par le générateur a été réglée à 50 watts pendant 500 secondes, cette durée étant prolongée si besoin pour atteindre avec certitude une température suffisante (60°C) pour obtenir la nécrose du KR. L’efficacité a été vérifiée dès le lendemain par une échographie, puis des échographies ou scanners avec injection ont été pratiqués à 1, 3, et 6 mois puis tous les 6 mois.

Il n’y a pas eu de complications sauf deux saignements périrénaux modérés, quelques légères douleurs transitoires sur le trajet de l’antenne, et des hématuries microscopiques (constantes) mais aucune altération de la fonction rénale.

Il n’y a eu aucune tumeur résiduelle, ni sur l’échographie du lendemain, ni au cours du suivi de  4 à 20 mois pour 11 malades (un est décédé de cause intercurrente).

Cette technique paraît donc efficace et sûre pour les petits cancers uniques et périphériques.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Liang P et coll. : Ultrasound guided percutaneous microwave ablation for small renal cancer: initial experience. J Urol., 2008 ;180:844-8.

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