Certains patients ont un profil tensionnel normal lors du
monitoring ambulatoire de la pression artérielle (MAPA) mais des
chiffres élevés en consultation, ce phénomène étant habituellement
appelé l’effet « blouse blanche ». Ces patients ont été longtemps
considérés comme des personnes normotendues ne nécessitant pas un
traitement spécifique. Cependant de récentes études menées en
population générale montrent que l’effet « blouse blanche » est
associé à une augmentation du risque d’événements cardiovasculaires
et d’AVC.
L’objectif de cette étude était de déterminer l’impact de
l’effet « blouse blanche » sur les complications microvasculaires
en cas de diabète de type 2. Il s’agissait d’une étude transversale
menée auprés d’une cohorte de 319 patients ayant un diabète de type
2 habituellement suivis dans un centre hospitalier de Porto
Allegre. L’effet « blouse blanche » a été défini par la
constatation d’une pression artérielle 140/90 mmHg en
consultation associée à une moyenne diurne lors de la MAPA <
135/85 mmHg et il a été retrouvé chez 46 patients (âge moyen 56,6
ans, 45,3 % d’hommes). Le groupe témoin était constitué de 117
patients normotendus ayant une pression artérielle < 140/90 mmHg
en consultation associée à une moyenne diurne lors de la MAPA <
135/85 mmHg (âge moyen 55,8 ans, 37,5 % d’hommes). La durée du
diabète, l’HbA1c, l’IMC, le bilan lipidique et la créatininémie ne
différaient pas entre ces deux groupes.
Les chiffres de la pression artérielle systolique enregistrés à
la MAPA étaient plus élevés chez les patients ayant un effet «
blouse blanche » que chez les patients normotendus (moyenne sur 24
h : 124,7 6,7 versus 121,0 8,5 mmHg, p = 0,01 ; moyenne diurne
: 126,6 7,2 versus 123,2 8,2 mmHg, p = 0,01).
Par rapport aux patients normotendus, les patients ayant un
effet « blouse blanche » avaient une augmentation du risque de
macroalbuminurie d’un facteur 4,9 (IC 95 % = [1,3 ; 18,9]) et une
augmentation du risque de rétinopathie diabètique d’un facteur 2,6
(IC 95 % = [1,2 ; 5,7]). Après prise en compte de l’ancienneté du
diabète et de l’HbA1c, l’effet « blouse blanche » restait un
facteur de risque de macroalbuminurie (p = 0,02) et de rétinopathie
diabétique (p = 0,02).
Les patients ayant un diabète de type 2 et un effet « blouse
blanche » ont un risque accru de rétinopathie diabétique et de
macroalbuminurie. Des données supplémentaires devront déterminer si
un traitement doit être proposé à ces patients.
Dr Laurence Du Pasquier
Kramer CK et coll. : Impact of white-coat hypertension on microvascular complications in type 2 diabetes. Diabetes Care 31 :2233-2237,2008.
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