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HTA et complications du diabète de type 2 : l’effet « blouse blanche » est il innocent ?

Publié le 15/01/2009 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Certains patients ont un profil tensionnel normal lors du monitoring ambulatoire de la pression artérielle (MAPA) mais des chiffres élevés en consultation, ce phénomène étant habituellement appelé l’effet « blouse blanche ». Ces patients ont été longtemps considérés comme des personnes normotendues ne nécessitant pas un traitement spécifique. Cependant de récentes études menées en population générale montrent que l’effet « blouse blanche » est associé à une augmentation du risque d’événements cardiovasculaires et d’AVC.

L’objectif de cette étude était de déterminer l’impact de l’effet « blouse blanche » sur les complications microvasculaires en cas de diabète de type 2. Il s’agissait d’une étude transversale menée auprés d’une cohorte de 319 patients ayant un diabète de type 2 habituellement suivis dans un centre hospitalier de Porto Allegre. L’effet « blouse blanche » a été défini par la constatation d’une pression artérielle  140/90 mmHg en consultation associée à une moyenne diurne lors de la MAPA < 135/85 mmHg et il a été retrouvé chez 46 patients (âge moyen 56,6 ans, 45,3 % d’hommes). Le groupe témoin était constitué de 117 patients normotendus ayant une pression artérielle < 140/90 mmHg en consultation associée à une moyenne diurne lors de la MAPA < 135/85 mmHg (âge moyen 55,8 ans, 37,5 % d’hommes). La durée du diabète, l’HbA1c, l’IMC, le bilan lipidique et la créatininémie ne différaient pas entre ces deux groupes.

Les chiffres de la pression artérielle systolique enregistrés à la MAPA étaient plus élevés chez les patients ayant un effet « blouse blanche » que chez les patients normotendus (moyenne sur 24 h : 124,7  6,7 versus 121,0  8,5 mmHg, p = 0,01 ; moyenne diurne : 126,6  7,2 versus 123,2  8,2 mmHg, p = 0,01).

Par rapport aux patients normotendus, les patients ayant un effet « blouse blanche » avaient une augmentation du risque de macroalbuminurie d’un facteur 4,9 (IC 95 % = [1,3 ; 18,9]) et une augmentation du risque de rétinopathie diabètique d’un facteur 2,6 (IC 95 % = [1,2 ; 5,7]). Après prise en compte de l’ancienneté du diabète et de l’HbA1c, l’effet « blouse blanche » restait un facteur de risque de macroalbuminurie (p = 0,02) et de rétinopathie diabétique (p = 0,02).

Les patients ayant un diabète de type 2 et un effet « blouse blanche » ont un risque accru de rétinopathie diabétique et de macroalbuminurie. Des données supplémentaires devront déterminer si un traitement doit être proposé à ces patients.



Dr Laurence Du Pasquier


Kramer CK et coll. : Impact of white-coat hypertension on microvascular complications in type 2 diabetes. Diabetes Care 31 :2233-2237,2008.


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