Les bons points de la lutte contre les infections nosocomiales

Paris, le vendredi 23 janvier 2009 – En 2005 était lancé un plan triennal de lutte contre les infections nosocomiales qui vient d’arriver à échéance et qui est d’ores et déjà prolongé par un nouveau programme. Si de nombreux efforts restent à faire, les objectifs fixés il y a trois ans auraient été « globalement atteints », selon le ministère de la Santé. Ainsi, était-il prévu que « 100 % des établissements de santé aient fait progresser leur score ICALIN (indicateur composite d’activité de la lutte contre les infections nosocomiales) » et que plus aucun établissement ne figure en classe E. Aujourd’hui, demeurent encore 32 établissements en classe E, contre 79 en 2005. Par ailleurs, 85,8 % des hôpitaux figurent en classe A ou B, contre 63,5 % en 2005.

ICALIN, indice majeur de l’évaluation de la lutte contre les infections nosocomiales est un score chiffré sur 100, répondant à trente et un critères. A chaque critère correspond un nombre de point :par exemple, la parfaite observance du lavage des mains fait gagner 17 points et un nombre satisfaisant de personnel 16. Si les résultats globaux sont satisfaisants, on observera cependant qu’entre 2006 et 2007 (dernière année évaluée), la proportion d’établissements figurant dans la dernière classe est demeurée stable.

Consommation de solutions hydro-alcooliques : peut encore mieux faire !

Le plan de 2005 souhaitait également qu’en 2008, 75 % des établissements aient « doublé leur consommation annuelle en volume de solutions hydro-alcooliques ». L’objectif n’est pas parfaitement rempli : en 2007, en effet, seuls « 52,9 % des établissements » ont effectivement vu leur consommation annuelle multipliée par deux. Cependant, le classement obtenu à partir de l’ICSHA (indicateur de consommation de solutions ou de produits hydro-alcooliques) révèle que 69,7 % des établissements sont passés dans la classe supérieure entre 2005 et 2007. Cependant, ils ne sont encore que 24,4 % à figurer parmi les classes A ou B.

La clinique de la Muette tristement célèbre !

Les résultats apparaissent plus satisfaisants en ce qui concerne l’organisation de la surveillance des infections du site opératoire (ISO). Ces infections représentent 14 % des infections nosocomiales. Le gouvernement souhaitait en 2005 que cette surveillance soit partout mise en place en 2008. « En 2007, 904 des 1 067 établissements (84,5 %) ayant une activité chirurgicale ou obstétricale ont réalisé une surveillance ISO (60,3 % en 2005) » constate le ministère de la Santé. Il reste cependant aujourd’hui 162 établissements ne pratiquant pas cette surveillance spécifique. En guise de sanction, ces cliniques et hôpitaux ont été exclus du classement. « Les agences régionales de l’hospitalisation sont maintenant chargées d’identifier les difficultés que rencontrent ces établissements pour mettre en œuvre la surveillance », précise Roselyne Bachelot, interrogée par l’Express. La liste des établissements concernés est néanmoins consultable sur le site de l’hebdomadaire. On y retrouve, comme se plaît à le remarquer la revue, la clinique de la Muette (16ème arrondissement de Paris), déjà épinglée pour son haut taux de césarienne mais qui continue pourtant à accueillir de nombreuses personnalités : la dernière en date étant le ministre la Justice, Rachida Dati.

A Cambrai, on ne fait pas que des bêtises !

Pour déterminer l’ampleur de la lutte contre les infections nosocomiales établissement par établissement, d’autres indicateurs ont été utilisés. On retiendra ainsi qu’en matière de bon usage des antibiotiques, 53,5 % des établissements figurent désormais en classe A et B, contre 32,2 % en 2006. Par ailleurs, dans l’indicateur global (dit score agrégé), les autorités prennent également en compte le nombre de prélèvements à visée diagnostic positif à staphylocoque résistant à la méticilline pour 1 000 journées d’hospitalisation. Concernant les résultats globaux (calculés avec la pondération suivante : ICALIN : 40 %, ICSHA 30 %, ICATB 20 % et SURVISO 10 %), 47,9 % des établissements figurent aujourd’hui en classe A ou B (contre 23,9 % en 2006) et 0,5 % en classe E (contre 0,9 % en 2006). Parmi les meilleurs élèves, on citera dans la catégorie CHU/CHR, l’hôpital Emile Roux (AP-HP) à Limeil Brévannes, qui obtient un score de 99,64 et qui est suivi par trois établissements parisiens (Bichat, l’HEGP et l’hôpital Cochin). Concernant les centres hospitaliers de plus de 300 lits, c’est à Maubeuge, avec un score de 99 que l’on connaît le moins de risque de contracter une infection nosocomiale. Enfin, concernant les grosses cliniques (plus de 100 lits), c’est à Tours, à la clinique Saint Gatien que l’on trouvera son salut. On observera par ailleurs les très importants efforts réalisés au Centre hospitalier de Cambrai, passé dans le classement synthétique de l’Express de la 102e place à la 4e !

Nouveaux objectifs

La France figure aujourd’hui parmi les meilleurs élèves européens en matière de lutte contre les infections nosocomiales et est le seul pays de l’Union, avec la Grande-Bretagne, à proposer régulièrement la publication de tels résultats, établissement par établissement. D’ici 2012 ses objectifs sont entre autres de diminuer l’incidence des bactériémies associées aux cathéters veineux centraux, de voire diminuer de 30 % l’incidence des infections du site opératoire pour les patients à faible risque en chirurgie programmée et de voir baisser de 20 % pour 100 admissions les accidents d’exposition au sang touchant les personnels.

A.H.

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