Ménopause et hypertension : le THS à faibles doses n’a pas de conséquences sur les chiffres tensionnels

L’hypertension artérielle n’est pas rare au moment de la ménopause, loin s’en faut. Son risque cardiovasculaire est bien établi, a fortiori quand elle s’associe à d’autres facteurs de risque. Certes, le traitement hormonal substitutif (THS) a vu ses indications fondre drastiquement, au point d’être désormais prescrit principalement, face à certains symptômes du climatère, notamment les bouffées de chaleur, dès lors qu’elles ont un retentissement significatif sur la qualité de vie. L’impact du THS sur l’HTA de la femme ménopausée est imparfaitement connu, mais il semble dépendre de la dose d’estrogènes et de leur voie d’administration. A cet égard,  la voie transdermique semble être la mieux tolérée quand il existe une hypertension artérielle connue et traitée.

C’est du moins ce que suggèrent les résultats d’une étude de cohorte prospective, en l’occurrence pilote, dans laquelle ont été incluses 24 femmes ménopausées ((âge moyen, 54 ans), toutes atteintes d’une HTA connue. L’objectif clairement fixé a été l’appréciation des effets de l’estrogénothérapie à faibles doses administrées par voie transdermique au moyen d’un patch, chez 13 participantes qui ont reçu une association  estradiol et noréthistérone (respectivement 25 and 125 μg par jour). La pression artérielle a été mesurée avant, pendant et après ce traitement au moyen de la MAPA (mesure ambulatoire de la PA). Le traitement antihypertenseur, pour sa part, a reposé sur un inhibiteur de l’enzyme de conversion associé ou non à un diurétique thiazidique faiblement dosé. Aucun médicament antihypertenseur n’a  été utilisé chez les 11 autres patientes. Au 3ème comme au 6ème mois du suivi, les symptômes imputables à la ménopause se sont améliorés dans le groupe soumis au THS (p=0,01 versus témoins).

Aucun effet significatif sur les résultats de la mesure ambulatoire de la pression artérielle n’a été mis en évidence dans le groupe THS, quel que soit le paramètre évalué (PAS et PAD moyennes, charge tensionnelle, variations circadiennes de la PA), comparativement aux témoins. Il en a été de même pour le profil lipidique, lui aussi mesuré aux 3ème et 6ème mois du traitement, quel que soit le groupe. Cette étude comparative pilote, non contrôlée, suggère que l’administration du THS faiblement dosé par voie transdermique n’a aucun effet significatif sur la pression artérielle chez les femmes ménopausées atteintes d’une HTA traitée, qu’elle soit  légère ou modérée.

Dr Philippe Tellier

Référence
De Carvalho MN et coll. : Low-dose transdermal hormone therapy does not interfere with the blood pressure of hypertensive menopausal women: a pilot study. Blood Pressure Monitoring 2008; 13: 277-83.

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