Ganglions sentinelles sur la chaîne mammaire interne dans le cancer du sein

Le drainage lymphatique du sein se fait à 75 %  dans le creux axillaire. Le reste va essentiellement aux ganglions mammaires internes (GMI) au nombre de 8 environ. Cependant tous les quadrants, externes et internes, se drainent autant dans l’aisselle que dans les GMI. La signification d’une atteinte des GMI dans le cancer du sein (KS) est importante sur le plan pronostique mais aussi thérapeutique (traitements adjuvants).

Une équipe de Floride a colligé, entre 2001 et 2007, tous les KS dont la lymphoscintigraphie avait montré une hyperfixation parasternale, et tous ceux dont l’injection péri-tumorale par colorant ou traceur avait conduit à l’indentification de GMI.

Le colorant bleu a été utilisé préférentiellement pour les KS centraux (visualisation directe par thoracoscopie), et le traceur injecté aux 4 points cardinaux de la tumeur. La recherche de GS a été pratiquée, soit sous thoracoscopie (sonde de γ caméra thoracoscopique), soit par un abord médiastinal antérieur.

Un GS mammaire interne a été prélevé chez 34 malades (33 femmes), d’âge moyen 50 ans. La plupart des KS (29) étaient canalaires infiltrants, mais il y avait 2 lobulaires infiltrants et 3 canalaires in situ ; les 4/5 avaient des récepteurs hormonaux positifs, mais HER-2 négatifs. Le stade T1 était le plus représenté (24 sur 31 KS infiltrants).

La lymphoscintigraphie avait permis de dépister 16 GMI suspects, et l’injection de TC99 a authentifié, 12 GS supplémentaires, tandis que le bleu, de son côté, en a retrouvé 6 (sur 15 tentatives). Sur les 34 malades chez lesquels on a repéré des GS, leur ablation a été réussie 31 fois (91 %).

Si l’on ne retient que les 28 KS infiltrants, 7 avaient des GS envahis, dont 4 des 13 dépistés par lymphoscintigraphie, (30 %), 3 des 12 ayant eu une injection de traceur (25 %) et 1 des 6 repérés par le colorant (17 %). Ces méthodes se sont davantage complétées que superposées. Dans 5 des 7 cas avec GMI + (71 %), il y avait aussi un envahissement axillaire.

La découverte de ces GMI a modifié la stratégie thérapeutique pour 7 malades (sur 28) en incluant une radiothérapie médiastinale initialement non programmée et aussi une chimiothérapie non prévue chez 4 d’entre elles.

Le seul élément prédictif, en analyse multivariée, de la  présence de GMI + est l’envahissement des ganglions axillaires.

Un quart des cancers infiltrants ont un envahissement mammaire interne, ce qui modifie l’orientation thérapeutique. La lymphoscintigraphie n’en dépiste que la moitié et le seul élément prédictif est la présence de ganglions axillaires envahis.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Avisar E et coll. : Internal mammary sentinel node biopsy for breast cancer Amer J Surg.,2008;196:490-4.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article