Vers une modification des stratégies de dépistage du cancer du col

Le dépistage du cancer du col utérin par l’étude cytologique des frottis cervico-vaginaux a permis une diminution considérable de l’incidence des cancers invasifs du col utérin, mais il n’est pas parfait. Le taux de faux négatifs est important et la sensibilité est d’environ 60 à 70 %. La cytologie n'est pas très reproductible et les interprétations sont variables entre les pathologistes. Depuis quelque temps, la question se pose de la place à donner au test HPV dans le dépistage primaire du cancer du col, plusieurs études ayant démontré que ce test est significativement plus sensible que la cytologie dans le dépistage primaire du cancer du col utérin.

Une nouvelle étude randomisée suédoise, sur un échantillon représentatif de la population, a évalué l’intérêt du test HPV dans le dépistage primaire du cancer du col utérin. Elle a inclus 12 527 femmes âgées de 32 à 38 ans, participant au programme suédois de dépistage du col utérin, entre 1997 et 2000. Un test HPV et un frottis ont été effectués chez 6 257 femmes (groupe d’intervention) et un frottis a été effectué chez 6 270 femmes (groupe témoin). La sensibilité et la spécificité pour la détection des CIN3+ (cervical intraepithelial neoplasia 3+) ont été de 96 % et 93,6 % pour le test HPV et de 74 % et de 98,2 % pour la cytologie. La valeur prédictive négative du test HPV pour la détection des CIN3+ était de 99,96 %.

Les performances de 11 stratégies de dépistage basées soit sur le test HPV seul, soit sur la cytologie seule, soit sur la combinaison des deux, ont été analysées à partir des données du groupe d’intervention. Les résultats montrent que le dépistage du cancer du col utérin primaire basé sur le test HPV suivi par un triage cytologique seulement pour les femmes HPV positives, et la répétition du test HPV un an après pour les femmes HPV positives présentant des résultats cytologiques normaux, augmente, par rapport à la cytologie seule, de 30 % la sensibilité pour la détection des CIN3+, tout en gardant une valeur prédictive positive élevée. L’augmentation totale du nombre de tests de dépistage est de 12 % relativement à l’utilisation de la cytologie seule.

Ces résultats sont en faveur du test HPV comme seule méthode dans le dépistage primaire du cancer du col de l’utérus, suivi par la cytologie pour les femmes HPV positives. Il apparaît très probable que l’on doive dans l’avenir modifier nos habitudes de dépistage et l’information de nos patientes.

Dr Viola Polena

Référence
Naucler P et coll. : Efficacy of HPV DNA testing with cytology triage and/or repeat HPV DNA testing in primary cervical cancer screening. J Natl Cancer Inst. 2009; 21:88-99.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article