La pachydermodactylie a été décrite en 73 par Bazex qui était
dermatologue à Toulouse. Comme son nom l’indique, elle est
caractérisée par un épaississement plus ou moins homogène des
doigts, et particulièrement des 1ères phalanges, survenant sans
aucun contexte douloureux articulaire ou systémique. Cet
épaississement des doigts est en rapport avec les phénomènes de
frottements répétés lorsque l’on croise les doigts des 2 mains.
Lorsqu’une histologie cutanée est réalisée, elle retrouve peu de
chose en dehors d’une hyperkératose épidermique et d’un
épaississement homogène du derme avec parfois une augmentation du
contingent fibroblastique. Cette pachydermodactylie est donc la
conséquence de phénomènes de frottements et de pressions des doigts
entre eux et l’on parle d’ailleurs parfois de pachydermie
mécanogène.
Il n’y a en général pas de contexte psychiatrique particulier, mais
un tel geste répétitif traduit souvent un certain degré d’anxiété
aboutissant à cette manœuvre répétitive. Différents diagnostics
peuvent se poser devant un tel épaississement cutané que l’on
récuse compte tenu du caractère isolé des lésions et de l’absence
de signes associés. Citons certaines fibromatoses digitales, une
hypothyroïdie, une pachydermie diabétique ou une
pachydermopériostose paranéoplasique.
La pachydermodactylie est une entité maintenant bien connue dont
plus de 87 observations ont été publiées concernant des sujets
jeunes (21,2 ans de moyenne) avec une prédominance masculine (3
hommes pour 2 femmes). Il existe des formes familiales mais elles
sont minoritaires.
La guérison de la pachydermodactylie passe par l’arrêt du
frottement des doigts entre eux mais elle est assez difficile à
obtenir compte tenu de l’habitude ancienne qui en est à
l’origine.
Dr Patrice Plantin
Beltraminelli H et coll. : Pachydermodactyly - Just a sign of emotional distress. Eur J Dermatol 2008 ; 19 : 5-13.
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