Cancer colorectal : quand la CNAM ne plébiscite pas les bonnes idées locales

Cambrai, le vendredi 27 février 2009 – Depuis 2004, l’Association pour le dépistage des cancers dans le département du Nord (ADCN) organise une campagne de dépistage du cancer colorectal dans ce département qui compte parmi ceux qui présentent les plus hautes prévalences de cette pathologie. Ainsi, les 35 000 Cambrésis âgés de 50 à 74 ans reçoivent tous les deux ans une invitation à aller retirer auprès de leur médecin traitant, de leur médecin du travail ou de leur pharmacien un test de dépistage. Dès la mise en œuvre de ce programme, la participation des pharmaciens du Nord a été vivement encouragée : ces derniers sont rémunérés à hauteur de trois euros pour chaque test Hémoccult délivré. Cependant, en 2009, cette opération ne devrait pas être renouvelée à la grande stupéfaction des officinaux. La raison de cet arrêt brutal qui risque très certainement de mettre à mal le succès de la campagne de dépistage serait à mettre au compte de la caisse nationale d’assurance maladie (CNAM). Caroline Baillié, directrice adjointe de l’ADCN explique en effet, citée par le Moniteur des pharmacies : « Depuis cette année, la CNAM nous l’interdit. Le conseil général du Nord ne finance plus le dispositif car l’Etat veut reprendre la prévention en main et nous menace d’une diminution de ses dotations à hauteur du montant de cette rémunération. Toutes les conditions sont réunies pour faire échouer la campagne 2009 et les chiffres de participation risquent de s’effondrer » regrette-t-elle, tandis que les pharmaciens du Nord ne cachent pas non plus leur désolation et leur colère. Ce couperet de la CNAM est d’autant plus regrettable que face à un dépistage qui est encore loin d’être un réflexe chez les Français (le taux de participation dans vingt trois départements pilotes atteint seulement 42 %) toutes les bonnes idées semblent devoir être plébiscitées !

A.H.

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Vos réactions (2)

  • La prévention doit-elle être marchande ?

    Le 28 février 2009

    Deux remarques.
    1° La rémunération du pharmacien de 3 euros pour chaque hémocult délivré ! Doit-on aussi rémunérer les médecins généralistes, spécialistes et médecins de la santé au travail (et non plus "médecins du travail", dénomination qui a été judicieusement changée), et, pourquoi pas, les infirmières libérales pour prescrire ou recommander le test aux patients avec l'arrière pensée possible d'en tirer bénéfice financier ? La prévention (le dépistage) doit-elle être marchande ?
    2° Cette campagne de dépistage est importante. Mais se contenter de faire des hémocults est-il suffisant ? Dans le même ordre, faire des mammographies en ciblant les populations, est-ce suffisant si parallèlement une prévention des facteurs de risques n'est pas menée en parallèle. Nous savons que pour ces deux cancers : sein et colon-rectum, l'alcool est un facteur favorisant. Délivrer de hémocults, faire des mammographies sans les accompagner d'un travail sur les modes de vie des patients, sans s'occuper de la Santé sur son versant le plus noble, avec un grand S, c'est distribuer du soin, réduire la relation avec la population à un niveau "marchand." Le pharmacien accompagne-t-il la vente de l'hémocult d'un travail de sensibilisation de l'acheteur sur les causes favorisant l'apparition et le développement du cancer du colon-rectum ? Est-il rémunéré 3 euros pour vendre ou pour faire de la prévention ? et, dans une officine, entre deux "clients", est-ce la bonne place pour faire ce travail ?
    Conclusion, la CNAM n'a pas totalement tort en ne cautionnant plus cette méthode

    Dr Paul Kiritzé-Topor.

  • Le patient est noyé par les informations...

    Le 02 mars 2009

    Dans les Bouches du Rhône, les hémocults sont distribués par les médecins généralistes. Pour le suivi du patient c'est parfait. Trop de personnes qui font la même chose et le patient est noyé dans toutes ces infos qu'il ne comprend pas toujours correctement !

    Brigitte Giacometti

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