Il faut utiliser les procédures opérationnelles standardisées pour la prise en charge des pneumopathies en réanimation

Les pneumopathies en réanimation sont à l’origine de 60 % des décès dus à des infections. De ce fait, leur prise en charge adéquate revête une importance primordiale. Les procédures opérationnelles standardisées, du terme Anglosaxon standard operating procedures (SOPs) sont basées sur les recommandations des sociétés savantes et ont pour but d’améliorer la prise en charge médicale. Néanmoins, l’impact des SOPs en matière de morbidité et de mortalité est peu documenté. Le but de cette étude était de l’évaluer dans le cadre de la prise en charge des pneumopathies en réanimation.

Il s’agit d’une étude prospective, observationnelle, menée dans cinq services de réanimation, sur une durée de trois mois, et qui a inclus consécutivement tous les patients avec un diagnostic de pneumopathie selon les critères internationaux admis. Outre les paramètres habituels, l’adhésion aux SOPs a été analysée de manière quotidienne par une équipe indépendante. Deux groupes ont été ainsi individualisés, haute adhésion (>75 %) et basse adhésion ≤ 70 % et comparés.

Au total, 131 patients ont été inclus dans l’étude avec un diagnostic de pneumopathie. Quarante cinq ont été classés dans le groupe haute adhésion et 86 dans le groupe basse adhésion. Les 2 groupes, en matière de caractéristiques et de co-morbidités, sont comparables. Par contre, dans le groupe haute adhésion, la durée de traitement, la durée de ventilation mécanique, et la durée de séjour en réanimation ont été significativement raccourcies. La différence de mortalité, même si cette dernière a été plus importante dans le groupe basse adhésion, n’atteint pas le seuil de significativité.

On peut reprocher à cette étude l’absence de randomisation, pouvant être à l’origine d’un biais statistique. Mais comme le précisent les auteurs, la randomisation est discutable d’un point de vue éthique. Le seuil d’adhésion, 70%, peut être également débattu, mais il s’agissait du critère institutionnel de qualité d’adhésion aux protocoles. De même, les raisons de la non adhésion aux SOPs n’ont pu être analysées alors que cela aurait probablement fourni des informations intéressantes. Les points forts de l’étude sont le caractère prospectif et l’excellente méthodologie statistique.

Les résultats de cette étude multicentrique, prospective, montrent que l’adhésion aux procédures opérationnelles standardisées lors de la prise en charge des pneumopathies en réanimation est à l’origine d’une réduction de la durée de traitement, de la ventilation mécanique, et du séjour en réanimation. L’impact en matière de prise en charge des pneumopathies en pratique quotidienne devrait être majeur.

Dr Karim Chadda

Référence
Nachtigall I et coll. : Impact of adherence to standard operating procedures for pneumonia on outcome of intensive care patients. Critical Care Med 2009; 37: 159-166

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